L’Algérie s’est engagée à assurer des formations au profit des missions de maintien de la paix de l’ONU afin d’améliorer leur performance sur le terrain et mieux protéger les civils.
Une délégation de haut niveau du commandement de l’Armée nationale populaire devrait participer à une conférence organisée par l’Inde pour les pays contributeurs de troupes aux missions de maintien de la paix des Nations unies. La conférence de deux jours débutera le 14 octobre à New Delhi, selon le média indien «The Statesman», et devra réunir les chefs d’armée des nations fournissant des troupes à l’ONU. Un conclave dédié au partage de bonnes pratiques, à la promotion d’une compréhension commune et à la création d’une approche collaborative afin de tracer la future trajectoire du maintien de la paix.
En effet, un communiqué du ministère indien de la Défense indique que l’Algérie est invitée à participer à ce conclave, au même titre que l’Arménie, le Bangladesh, le Bhoutan, le Brésil, le Burundi, le Cambodge, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, les Fidji, la France, le Ghana, l’Indonésie, l’Italie, le Kazakhstan, le Kenya, le Kirghizistan, le Madagascar, la Malaisie, la Mongolie, le Maroc, le Népal, le Nigeria, le Sri Lanka, la Tanzanie, l’Ouganda, l’Uruguay, le Vietnam, le Rwanda et le Sénégal.
A noter que l’Inde s’est abstenue d’inviter le Pakistan et la Chine à ce conclave. Soulignant, néanmoins, que l’Algérie ne participe pas directement aux missions de maintien de la paix de l’ONU, mais elle s’engage à les soutenir et les renforcer par des formations (sécurité des infrastructures, médecine militaire, premiers secours psychologiques) et en tant que membre non-permanent du Conseil de Sécurité. Intervenant, en mai dernier, aux travaux de la Conférence ministérielle des Nations unies sur les opérations de maintien de la paix organisée à Berlin, la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires africaines, Bakhta Selma Mansouri, a fait part de l’engagement de l’Algérie à offrir des formations dans quatre domaines spécifiques afin d’assurer aux missions onusiennes «une meilleure préparation» et donc garantir une protection plus efficace aux civils.
Une collaboration étroite
Le conclave annoncé par le général de corps d’armée indien, Rakesh Kapoor, est destinée à fournir une plate-forme unique pour renforcer le dialogue, la coopération et la compréhension mutuelle entre les pays fournisseurs de contingents de l’ONU, afin de promouvoir «un ordre international stable», rapporte la presse locale. Le même responsable s’est déclaré convaincu que le Conclave ouvrirait la voie à une collaboration plus étroite, à une préparation collective et à des partenariats plus solides pour relever les défis contemporains du maintien de la paix.
Objectifs et axes prioritaires
La Conférence vise à renforcer l’engagement collectif en faveur de la paix et de la sécurité mondiales. Les débats porteront sur le renforcement de la coopération en matière de maintien de la paix grâce à un dialogue approfondi, une interopérabilité accrue et un échange de bonnes pratiques. A cet effet, des sessions plénières et débats sur l’efficacité du maintien de la paix de l’ONU et sur la construction d’une paix durable dans des environnements opérationnels complexes sont au programme ainsi que l’utilisation de la technologie pour rendre les missions de paix plus réactives et efficaces. A l’issue, les participants devraient renouveler leur engagement pour promouvoir les intérêts mutuels, renforcer le processus consultatif et de la collaboration entre pays contributeurs, à même d’établir une vision commune pour une paix plus forte, inclusive et durable dans les zones de conflit.
Des rencontres bilatérales
Au cours de sa participation à cette conférence, la délégation algérienne devrait avoir plusieurs entretiens avec de hauts responsables militaires participants, notamment indiens. Une occasion d’aborder la coopération sécuritaire algéro-indienne, suite à la dernière visite en Algérie du chef d’état-major de l’armée de Terre indienne, le général Upendra Dwivedi qui a été reçu en audience par le chef d’état-major de l’ANP, le général d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale.
Les deux parties «ont évoqué les domaines de coopération militaire bilatérale, les voies et les moyens de renforcement de la coordination sécuritaire sur les questions d’intérêt commun». Elles ont également discuté «des défis sécuritaires à l’échelle mondiale et échangé les points de vue sur des questions d’actualité».
Badis B.
