De l’héritage des conflits aux bouleversements technologiques, l’Algérie entend peser sur les réponses internationales aux nouveaux défis.
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté, à l’unanimité, à Genève, deux résolutions portées par des groupes interrégionaux auxquels l’Algérie participe activement. Les deux textes portent sur des enjeux majeurs : le renforcement de l’assistance aux victimes des mines antipersonnel et l’impact de l’intelligence artificielle sur la promotion et la protection des droits de l’homme.
Intitulée «Répercussions des mines antipersonnel sur l’exercice de tous les droits de l’homme : renforcer l’assistance aux victimes», la première résolution a été présentée par l’Algérie, le Pérou, l’Afrique du Sud, le Vanuatu, le Royaume-Uni, le Mozambique et la Croatie.
Son adoption prolonge l’initiative engagée par l’Algérie au sein du Conseil, notamment à travers la résolution 58/22, adoptée lors de sa 58e session. Le nouveau texte franchit une étape supplémentaire en plaçant l’assistance aux victimes au cœur d’une approche fondée sur les droits de l’homme.
La résolution a recueilli le soutien de 70 États coauteurs, illustrant l’ampleur du consensus autour de cette question. L’initiative algérienne a également été saluée par plusieurs délégations et organisations de la société civile, notamment en raison de l’expérience du pays face aux mines héritées de la période coloniale et des résultats obtenus grâce à ses capacités nationales de déminage.
Le texte insiste sur les droits des victimes ainsi que sur les besoins de leurs familles et de leurs communautés. Il appelle à leur garantir un accompagnement global, notamment pour favoriser leur réinsertion sociale et économique.
Il souligne également les conséquences des mines sur plusieurs droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à la libre circulation, à la santé, à l’éducation, au travail, à une alimentation suffisante et au développement.
Parmi les mesures préconisées figurent le renforcement de la collecte des données, l’intégration du soutien psychosocial dans les programmes d’assistance et l’amélioration de l’accès des personnes en situation de handicap aux services de santé et aux structures publiques.
La résolution appelle les États à respecter leurs engagements au titre du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Elle les invite également à envisager leur adhésion à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel.
Elle encourage enfin le renforcement de la coopération internationale afin d’accélérer les opérations de déminage, de développer les capacités des États affectés et d’assurer une assistance globale aux victimes, notamment dans les pays en développement, les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement.
L’IA, nouvel enjeu des droits fondamentaux
Membre du groupe noyau à l’origine de la résolution «Répercussions de l’intelligence artificielle sur la promotion et la protection des droits de l’homme», l’Algérie a participé activement à son élaboration et aux négociations ayant précédé son adoption par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Présenté avec le Bangladesh, l’Égypte, l’Autriche, la Grèce, le Népal, le Guyana et le Koweït, le texte accorde une place centrale aux préoccupations des pays en développement, notamment la réduction du fossé technologique, le transfert de technologies et d’expertise et le renforcement de la coopération internationale.
La résolution souligne que le développement et l’utilisation de l’IA doivent respecter le droit international et les normes relatives aux droits de l’homme. Elle appelle à une gouvernance fondée sur les principes de la Charte de l’ONU, dont la coopération internationale, l’égalité souveraine et la non-discrimination.
Elle plaide également pour une participation accrue des pays en développement à la gouvernance mondiale de l’IA, tout en insistant sur la dignité humaine, la transparence, la responsabilité et le maintien d’un contrôle humain effectif.
Le texte rappelle enfin les responsabilités des entreprises technologiques en matière de droits de l’homme et appelle à renforcer l’assistance technique, le développement des capacités et le transfert de technologies.
Une table ronde sur les droits de l’homme et l’IA est prévue lors de la 65e session du Conseil, tandis qu’un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme sera présenté à la 66e session.
À travers cette initiative, l’Algérie affirme sa participation aux débats multilatéraux sur la gouvernance de l’IA et défend les priorités des pays en développement, dans le cadre d’une coopération internationale fondée sur l’égalité souveraine.
Assia M.
