La Cour suprême examinera prochainement le pourvoi en cassation introduit par le procureur général dans l’affaire de B. Slimane, condamné à 30 mois de prison ferme par le tribunal criminel d’Alger.
Le représentant du parquet estime, dans son mémoire introductif, que le verdict prononcé ne reflète pas la gravité des faits reprochés à l’accusé, reconnu coupable d’apologie d’actes de terrorisme et de menaces de mort à l’aide de matières explosives. Les faits remontent à 2011, lorsque B. Slimane, souffrant d’une dépression nerveuse, avait adressé une lettre à l’ambassade des États-Unis à Alger, exigeant des représentants et employés américains qu’ils quittent le pays immédiatement. Dans ce courrier, il menaçait de s’en prendre au siège diplomatique s’il n’était pas obéi, évoquant la possibilité d’attentats terroristes à l’aide d’explosifs.
Alertées, les autorités consulaires américaines avaient transmis la lettre aux services du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), relevant du ministère de la Défense nationale. Lors de son audition devant le tribunal criminel, l’accusé a reconnu avoir rédigé et signé la lettre, tout en niant toute intention de passage à l’acte. «Non, je n’avais pas l’intention de commettre un attentat. Je voulais simplement leur faire peur pour qu’ils quittent l’Algérie», a-t-il déclaré à la barre. Le prévenu a également avoué avoir envoyé une seconde lettre de menaces à l’ambassade de France durant la même période. Le procureur général a insisté sur la gravité des faits et sur l’existence de preuves légales et matérielles, notamment la lettre signée de la main de l’accusé, démontrant selon lui l’intention criminelle. Dans son réquisitoire, il avait réclamé une peine de dix ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de 500 000 dinars. Les avocats de la défense, pour leur part, ont mis en avant l’état psychique fragile de leur client. «Notre client souffre d’un déséquilibre mental profond. Il a été bouleversé par le divorce de ses parents et la mort de son petit frère, qui était son principal soutien», ont-ils plaidé, réclamant des circonstances atténuantes. Ils ont également demandé à la présidente du tribunal de l’époque, Mme Derrar Djebbari Meriem, que leur client soit placé dans un établissement psychiatrique pour y suivre un traitement adapté.
Il est à noter que B. Slimane, après avoir obtenu son baccalauréat, avait poursuivi une formation à l’École polytechnique de Bordj El Bahri entre 1991 et 1993. Les troubles psychologiques dont il souffre seraient apparus peu de temps après cette période, selon la défense.
R.H.
