Leader du gaz naturel et pionnière de l’hydrogène en Afrique, l’Algérie mise sur l’industrialisation et l’intégration régionale pour renforcer son rôle sur le marché énergétique mondial.
Le secrétaire général de l’Organisation des pays africains producteurs de pétrole, Farid Ghazzali, a souligné, hier, à Oran, le rôle central de l’industrie gazière dans le paysage énergétique mondial. Il a mis en avant la contribution stratégique de l’Algérie et de ses institutions au développement de ce secteur en Afrique et dans la région.
Lors de son intervention au cours de la première session stratégique, organisée dans le cadre des travaux du 8e symposium de l’AIG, consacré au gaz naturel et l’hydrogène, Farid Ghazzali a rappelé la place historique de l’Algérie dans l’industrie gazière mondiale. Il a notamment souligné que les infrastructures développées au fil des décennies constituent aujourd’hui un capital essentiel pour la valorisation et l’exportation des ressources énergétiques. Saluant le rôle de pionnier de l’Algérie dans la production de gaz naturel liquéfié, il a rappelé la mise en service en 1964 de la première unité de liquéfaction au monde, un exploit historique qui a fait du pays une référence internationale dans le secteur énergétique.
Concernant le gaz naturel en Afrique, Farid Ghazzali a indiqué qu’il ne constitue pas seulement une solution de transition, mais représente également une base essentielle pour l’industrialisation, la stabilité des systèmes électriques et le développement des chaînes de valeur industrielles. Il a précisé que le gaz contribue aussi à l’intégration régionale à travers les interconnexions, les pipelines, les terminaux de gaz naturel liquéfié et les capacités de stockage.
S’agissant de l’hydrogène, il a affirmé qu’il représente une opportunité stratégique majeure pour le continent africain, à condition de mettre en place un système intégré comprenant les énergies renouvelables, des infrastructures adaptées, des mécanismes de financement et les cadres réglementaires nécessaires. Il a insisté sur la nécessité de faire de l’hydrogène un levier pour l’industrialisation locale et non simplement un produit destiné à l’exportation.
Par ailleurs, Farid Ghazzali a appelé à renforcer la performance de l’industrie gazière en réduisant le torchage, en maîtrisant les émissions de méthane et en améliorant l’efficacité énergétique grâce à la digitalisation et aux technologies bas-carbone, soulignant que le gaz africain doit être à la fois compétitif et exemplaire.
Enfin, il a plaidé pour un renforcement de la coopération panafricaine afin de transformer le potentiel énergétique du continent en véritable levier de prospérité, affirmant que l’intégration régionale et la coordination des politiques énergétiques sont essentielles pour accélérer la réalisation de projets structurants et renforcer la résilience du secteur.
L’ambition africaine
A la veille de sa participation au 8e Symposium de l’AIG, le secrétaire général de l’APPO a été reçu par le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal. Une occasion de passer en revue les grandes lignes de la feuille de route que l’organisation adoptera dans les prochains mois afin de renforcer la coopération africaine, notamment en ce qui concerne les efforts visant à garantir la suffisance du marché régional.
Les deux parties ont focalisé sur les perspectives de coopération et de partenariat entre l’Algérie et l’APPO, dans l’objectif de renforcer la coordination africaine, tant dans les énergies conventionnelles que dans les énergies renouvelables. Mourad Adjal a insisté, lors de cette rencontre, sur la nécessité d’élargir les axes de coopération avec l’APPO, notamment vers les énergies renouvelables, afin d’ouvrir de nouvelles perspectives pour le continent.
Le ministre a évoqué, à ce titre, le rôle stratégique que peut jouer Sonelgaz International dans l’accompagnement de cette dynamique, en facilitant l’accès des entreprises algériennes publiques et privées aux marchés africains à travers des partenariats structurants.
Synthèse S.Smati
