Plus qu’une simple amélioration mineure des procédures, c’est une transformation profonde de la relation entre l’Etat et l’investisseur.
Le climat des affaires en Algérie a franchit une étape significative avec l’activation du guichet unique et l’octroi des pleins pouvoirs aux représentants des administrations sur les opérations qui leur sont confiées.
Présidant, hier, les travaux d’une journée d’information consacrée au renforcement de l’efficacité du guichet unique de l’investissement, organisée par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), le Premier ministre, SifiGhrieb, a souligné que «la loi sur l’investissement a renforcé la protection juridique des investisseurs et la prochaine étape que nous franchissons aujourd’hui vise à simplifier les procédures».
«Nous construisons ainsi un Etat efficace, une administration réactive et un cadre d’investissement fondé sur la protection juridique et la simplification des procédures comme deux piliers fondamentaux», a-t-il ajouté.
Un soutien effectif
Cette expérience a, toutefois, mis en évidence l’existence de certaines zones d’ombre qui ont ralenti la dynamique d’investissement.
Le Premier ministre a expliqué que le manque de coordination entre les administrations et de qualification effective des représentants des administrations au sein des guichets uniques a longtemps restreint le champ d’action de ces derniers.
Partant de cette situation qui «ne devait pas perdurer», il fallait changer de logique, non pas de manière formelle, mais en profondeur. Pour SifiGhrieb, «il fallait passer d’un système fragmentéà un système intégré, d’une logique procédurale à une logique axée sur les résultats, et d’un soutien formel à un soutien effectif».
Et c’est dans cet esprit que l’AAPI est désormais organisée en pôles spécialisés, couvrant toutes les étapes clés de la vie d’un projet, depuis sa création juridique jusqu’à sa mise en service effective. Dans le cadre de cette nouvelle structure, chaque étape est prise en charge, chaque blocage est résolu et chaque échéance est encadrée.
Une formation complète et approfondie des représentants des administrations au sein des guichets uniques a été mise en place afin de leur permettre d’exercer pleinement les compétences qui leur sont confiées. L’investisseur bénéficie ainsi d’un parcours plus clair et d’un service intégré et continu, sans être renvoyé d’un service à l’autre.
Plus encore, les nouvelles dispositions réglementaires imposent désormais un contrôle strict et obligatoire des délais de traitement des dossiers. Ainsi, la règle générale est désormais de quinze jours, et de vingt jours pour les établissements classés. Cette orientation n’est pas un objectif ou une simple recommandation, mais une obligation réglementaire qui s’impose à toutes les institutions concernées, a insisté le Premier ministre.
Des progrès réels
SifiGhrieb a indiqué que la mise en œuvre de ce dispositif d’investissement a, d’ailleurs, permis d’acquérir une expérience accumulée d’une importance capitale.
Les chiffres révélés par le Premier ministre indiquent des progrès réels, tangibles et mesurables. Depuis l’entrée en vigueur du nouveau système d’investissement, l’AAPI a enregistré plus de 20 000 projets, d’une valeur totale déclarée dépassant les 9 000 milliards de dinars (environ 67,5 milliards de dollars américains), qui devraient créer plus de 525 000 emplois.
Pour Sifi Ghrieb, ces chiffres ne sont pas de simples indicateurs statistiques, mais la preuve concrète d’un regain de confiance.
Un guichet entièrement numérisé
Evoquant la numérisation des procédures, le Premier ministre a précisé que la dématérialisation n’est pas seulement une question de modernisation de l’administration, mais aussi une garantie d’amélioration de la traçabilité, de renforcement de la transparence et d’optimisation de l’efficacité administrative.
Le directeur général d’AAPI, Omar Rekache, a annoncé, à l’occasion, le lancement d’un programme ambitieux de numérisation des procédures, sous la supervision du Haut-Commissariat à la numérisation. Un lancement qui s’est matérialisé, hier, par la signature d’un protocole d’accord entre l’AAPI et le Haut-Commissariat à la numérisation, qui comporte deux volets.
Le premier porte sur l’exploitation des ressources du cloud souverain de l’État afin de permettre à l’AAPI de bénéficier d’avantages stratégiques majeurs en hébergeant ses services au Centre national algérien des services numériques.
Quant au second accord, il encadre le développement du guichet unique numérique, permettant d’unifier les démarches administratives dans un espace unique et de fluidifier les échanges entre les instances concernées.
S. Smati
