A l’approche de la Journée internationale du diabète, célébrée chaque 14 novembre, le Professeur Samia Zekri, professeure en médecine interne et experte en diabétologie auprès du ministère de la Santé, a dressé un constat alarmant de la situation sanitaire en Algérie. Invitée, hier à l’émission « L’invité du jour » sur la Radio algérienne Chaîne 3, elle a mis en garde contre une explosion des cas de diabète, notamment de type 2, dans le pays.
« Il y a une explosion mondiale du nombre de patients vivant avec un diabète, et l’Algérie n’est pas épargnée », avertit-elle. Selon elle, 17,5 % des Algériens âgés de 18 à 69 ans, soit environ 4,7 millions de personnes, seraient atteints.
Le surpoids, moteur du diabète de type 2
Le diabète le plus fréquent du pays, de type 2, est « intimement associé à l’obésité », explique le Pr Zekri. L’obésité androïde, qui est particulièrement dangereuse, favorise la résistance à l’insuline, menant à la maladie. Elle déplore que le surpoids touche désormais toutes les tranches d’âge : « Si on veut freiner cette progression, il faut absolument lutter contre l’obésité ».
A cet égard, la locutrice a insisté que le thème de la campagne du 14 novembre «Le diabète touche tous les âges » illustre parfaitement cette réalité.
L’obésité infantile en forte hausse
Une étude de l’Institut National de Santé Publique indique que 13,4 % des enfants algériens de 5 à 11 ans sont obèses. « Quand ils sont obèses à cet age, si les parents ne font pas ce qu’il faut pour leur faire régresser de poids, ça risque de se pérenniser à l’âge adulte et ils risquent de devenir diabétiques », alerte la professeure, appelant à un retour à une alimentation saine et au régime méditerranéen, loin des produits transformés et de la restauration rapide. « Il faut s’éloigner de l’alimentation moderne, c’est-à-dire les produits transformés, industriels, et adopter le régime anti-inflammatoire », a-t-elle lancé.
L’industrie alimentaire mise en cause
« Le ministère de la Santé a organisé les choses. Il a mis en place un comité multisectoriel, dont les membres ont été nommés par décret présidentiel, pour réduire la quantité de sucre dans les aliments», rappelle Zekri, tout en dénonçant les pratiques des industriels qui remplacent le sucre par des édulcorants cancérigènes. Elle appelle à réduire progressivement la consommation de sucre, de sel et de graisses. En somme, la responsabilité «ne repose pas uniquement sur les familles. Les pouvoirs publics et les industriels jouent également un rôle crucial dans la lutte contre le diabète». souligne-t-elle.
Prévenir pour éviter le pire
Selon l’intervenante, cette maladie a des conséquences dramatiques. « Le diabète est la première cause de cécité, d’amputations non traumatiques et de dialyse dans le monde », souligne-t-elle.
Pour conclure, le Professeur Zekri a affirmé que la lutte contre le Diabète en Algérie doit être globale et collective. Elle implique les médecins, les autorités, les industriels, les éducateurs, mais aussi chaque citoyen.
« Nous devons nous unir. Le diabète n’est pas une fatalité », a-t-elle déclaré.
K. Z.
