Cet accord constitue le premier instrument de lutte contre la cybercriminalité d’autant que l’Algérie a joué un rôle central dans le processus d’élaboration de la convention.
Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lounès Magramane, a paraphé, hier, au nom de l’Algérie, la Convention des Nations unies sur la lutte contre la cybercriminalité. Réunis par l’ONU à Hanoï, la capitale vietnamienne, plus de 65 pays se sont ainsi engagés à coopérer dans ce nouveau cadre juridique international, destiné à renforcer la lutte contre la cybercriminalité.
La cérémonie de signature, ouverte par le président de la République socialiste du Vietnam, Luong Cuong, s’est déroulée en présence de délégations de haut niveau et du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Cet événement marque l’aboutissement de six années de négociations intenses, entamées en 2019, visant à établir un cadre juridique global favorisant la coopération internationale dans la prévention et la lutte contre la cybercriminalité transfrontalière, tout en garantissant un espace numérique sûr et durable pour la communauté mondiale.
L’Algérie a joué un rôle actif dans ce processus, en assurant la présidence du comité ad hoc chargé de l’élaboration du texte et en menant les négociations depuis mai 2021. Cette participation de premier plan témoigne de l’engagement de l’Algérie en faveur du renforcement de la coopération internationale en matière de cybersécurité et de son positionnement en tant qu’acteur clé sur la scène mondiale dans ce domaine.
Une avancée décisive
La Convention des Nations unies constitue une avancée majeure dans le renforcement des mécanismes de coopération internationale contre la cybercriminalité transnationale. Adoptée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations unies le 24 décembre 2024, la Convention de Hanoï est le premier traité multilatéral contre la cybercriminalité depuis plus de deux décennies, succédant à la Convention de Palerme de 2000 sur la criminalité transnationale.
Le texte entrera en vigueur quatre-vingt-dix jours après le dépôt du quarantième instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est félicité de cette «étape importante», tout en soulignant que ce n’est que «le début».
«Chaque jour, des escroqueries sophistiquées détruisent des familles, volent des migrants et siphonnent des milliards de dollars de notre économie… Nous avons besoin d’une réponse mondiale forte et connectée», a-t-il déclaré lors de la cérémonie.
Un modèle de coopération
Composée de neuf chapitres et soixante et onze articles, la Convention propose une approche intégrée pour prévenir et combattre la cybercriminalité mondiale, tout en garantissant le respect des droits de l’homme.
Plus qu’un simple document juridique, elle se veut un modèle de coopération internationale, offrant à ses signataires des outils solides pour prévenir, enquêter et poursuivre les crimes numériques. Elle inaugure une nouvelle ère de collaboration entre les gouvernements, les organisations internationales, les entreprises et la société civile, unis pour la cybersécurité, la protection des données et la justice à l’ère numérique.
Le texte adapte les méthodes traditionnelles d’enquête criminelle à l’environnement numérique et renforce la coopération internationale en matière de justice pénale et de cybersécurité. Il prévoit divers mécanismes de coopération juridique et technique, tels que l’échange d’informations, l’entraide judiciaire, l’extradition des criminels, la récupération des avoirs illicites, ainsi que le partage d’expériences en matière de formation et de renforcement des capacités dans le domaine de la cybersécurité.
Saïd S.
