Avec pour objectif de renforcer la coopération internationale dans la lutte contre le trafic de drogue, en se concentrant sur l’échange d’informations, la coordination des efforts et l’harmonisation des législations nationales, la première réunion mondiale du Réseau international de la législation antidrogue (INL) , qui se tient présentement à Vienne, a rassemblé des experts de divers pays pour discuter de l’application des lois et réglementations internationales en matière de drogues, ainsi que pour échanger des meilleures pratiques dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Mandaté par le président de la Chambre Haute du Parlement, Azzouz Nasri, le sénateur Mohamed Reda Ousselah a passé en revue le rôle joué par le Parlement algérien à travers un arsenal législatif et sa contribution à la réalisation de la stratégie nationale de lutte contre la drogue.
Et pour étayer son argumentaire, le membre du Conseil de la Nation a rappelé que «le Parlement algérien a récemment ratifié le texte de loi relatif à la prévention des stupéfiants et des substances psychotropes et à la répression de leur usage et de leur trafic illicites, qui comprend de nouvelles dispositions procédurales, des mesures préventives et thérapeutiques, l’aggravation des peines et le renforcement de la protection des mineurs et des personnes aux besoins spécifiques». «L’Algérie accorde une grande importance à la coordination régionale et internationale, a-t-il dit, soulignant que «la lutte contre le trafic de drogue en Algérie est comparable en termes de moyens consacrées à la lutte contre le terrorisme», avant de saluer les efforts de l’Armée nationale populaire, de la Direction générale de la sûreté nationale et de tous les organes et institutions nationaux impliqués dans la prévention et la sensibilisation contre le trafic de drogue. Si les débats ont porté principalement sur la prévention du trafic de drogue, la lutte contre le blanchiment d’argent lié au trafic et la coopération internationale en matière d’extradition et d’entraide judiciaire, l’approche prônée par l’Algérie, décrite par le parlementaire algérien consiste en «une approche participative et intersectorielle, laquelle associe la société civile». Il faut dire, également, que l’Algérie, visée par des forces du mal du voisinage, a mis en œuvre un plan d’action ambitieux pour lutter contre ce fléau, une stratégie qui associe l’ensemble des acteurs.
C’est ainsi que la stratégie adoptée en matière de lutte contre le trafic de drogue est une approche globale qui combine répression et prévention. Aussi, l’Algérie a intensifié sa lutte contre ce fléau en adoptant une posture ferme, notamment avec la volonté de rétablir la peine capitale dans certains cas liés au trafic de drogue. Pour rappel, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaâ, avait déclaré, au mois de Mai dernier, après adoption par les députés de l’APN du projet de loi relatif à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic de drogues que «la justice n’hésitera pas un seul instant à imposer l’autorité de la loi et à prendre toutes les mesures pour assurer le suivi rigoureux de la protection des droits de la société et des individus contre ce fléau et contre toute atteinte aux droits constitutionnels et légaux du citoyen». Il faut, par ailleurs, souligner que les objectifs de la stratégie adoptée par l’Algérie, sous l’impulsion du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, se résument en la réduction de la prévalence du trafic et de la consommation de drogue, la protection des citoyens, en particulier les jeunes, contre les dangers de ce fléau et surtout le renforcement de la sécurité publique et la stabilité sociale. C’est ainsi qu’en matière de prévention, des tests obligatoires de dépistage de drogues pour les candidats aux concours publics et des contrôles réguliers dans les établissements scolaires sont prévus pour détecter et prendre en charge les personnes concernées.
Pour ce qui est de la lutte contre la toxicomanie, le gouvernement prévoit la construction de nouveaux centres de désintoxication pour accompagner les toxicomanes. A cela s’ajoute la coopération citoyenne qui prévoit des incitations financières aux lanceurs d’alerte qui fournissent des informations ayant conduit à des résultats concrets.
Ferhat Zafane