La lutte contre la corruption s’inscrit dans une stratégie durable, fondée sur la prévention, le contrôle et l’application stricte de la loi, afin de construire un État moderne où la responsabilité et la reddition des comptes deviennent des normes irréversibles.
Depuis la chute de l’ancien régime, l’Algérie a engagé un véritable chantier national pour éradiquer les pratiques de corruption qui ont freiné le développement et entamé la confiance des citoyens envers les institutions.
À travers des enquêtes rigoureuses, des poursuites judiciaires et la récupération des biens détournés, le pays affirme sa volonté de protéger le patrimoine public et de moraliser la vie économique et administrative. Ces actions s’accompagnent d’une réforme du cadre législatif et de la mise en place d’institutions indépendantes, visant à garantir la transparence, l’intégrité et l’efficacité de la gestion publique. Plus qu’une politique ponctuelle, cette lutte s’inscrit dans une stratégie durable, fondée sur la prévention, le contrôle et l’application stricte de la loi, afin de construire un État moderne où la responsabilité et la reddition des comptes deviennent des normes irréversibles.
En cette Journée mondiale de la lutte contre la corruption, l’Algérie met en avant une série d’avancées majeures qui redessinent profondément la gouvernance publique depuis 2019. Les déclarations du ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, datant d’un mois, confirment une dynamique nationale qui se veut résolue, structurée et inscrite dans la durée : l’État a récupéré l’intégralité des fonds et biens détournés à l’intérieur du pays, un accomplissement rare à l’échelle internationale.
Le garde des Sceaux souligne que le processus de récupération des actifs confisqués « a atteint un taux de 100 % », fruit d’enquêtes menées avec rigueur à la suite du Hirak populaire. Danses propos, il rappelle que ce dossier figure depuis le début parmi les priorités du président de la République Abdelmadjid Tebboune, du gouvernement et de l’institution judiciaire. Des usines, des propriétés immobilières et des capitaux d’une valeur considérable ont ainsi été restitués au domaine public, mettant un terme à des années de détournements opérés par un réseau d’intérêts qui pesait lourdement sur l’économie nationale.
Une action qui dépasse les frontières
Au-delà de la confiscation, les autorités ont privilégié une approche de reconstruction. Les biens récupérés on tété renationalisés puis réaffectés à des entreprises publiques économiques pour garantir leur exploitation et assurer qu’ils génèrent de nouveaux revenus au profit de la collectivité. Cette orientation s’inscrit dans une volonté claire : transformer un patrimoine détourné en ressources productives, utiles et génératrices de croissance.
Sur le plan international, les efforts se poursuivent. Lotfi Boudjemaa a rappelé que l’Algérie mobilise les canaux judiciaires et diplomatiques pour rapatrier les fonds transférés illicitement à l’étranger.
Plusieurs pays affichent déjà une coopération effective, tandis que d’autres examinent encore les requêtes. En octobre dernier, le président Tebboune révélait la récupération de près de 30 milliards de dollars d’actifs, citant l’exemple d’un hôtel de luxe remis par l’Espagne, symbole d’une collaboration qui devient de plus en plus fructueuse.
Moralisation de la vie publique
Cette politique s’inscrit dans une démarche de moralisation de la vie publique, consolidée par des poursuites judiciaires visant d’anciens hauts responsables, ex-Premiers ministres, cadres influents et hommes d’affaires de l’ère précédente.
Une étape perçue par les institutions comme nécessaire pour restaurer la confiance des citoyens et garantir l’intégrité de l’État.
Parallèlement à l’action judiciaire, le législateur a renforcé le dispositif juridique en modernisant les textes encadrant la transparence, la prévention et la lutte contre la corruption.
L’installation de la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption marque une nouvelle phase dans l’organisation du contrôle interne et externe.
Pour la période 2023-2027, cette institution pilote une stratégie nationale qui ambitionne d’ancrer durablement les principes de déclaration du patrimoine, de reddition des comptes et d’accès du citoyen à l’information, considérés comme des garanties essentielles dans une société en quête de gouvernance exemplaire.
Une action multisectorielle
Dans cette dynamique, plusieurs secteurs ont engagé des réformes internes destinées à consolider les mécanismes de surveillance et à encourager des pratiques professionnelles alignées sur les normes internationales.
Les programmes de formation destinés aux cadres publics gagnent en importance, avec pour objectif de renforcer l’intégrité administrative et de diffuser une culture institutionnelle fondée sur la transparence.
Les autorités mettent en avant l’idée que la lutte contre la corruption ne repose pas seulement sur les sanctions, mais aussi sur l’anticipation, la sensibilisation et l’adhésion collective.
Cette vision, désormais au cœur des politiques publiques, vise à construire un environnement où la bonne gouvernance devient un réflexe partagé et un levier durable de développement national.
Assia M.
