Hanoune a qualifié Donald Trump de «grand criminel», responsable selon elle de la stratégie de déplacement forcé des populations palestiniennes, soutenue par un «silence complice» de certaines puissances européennes et de régimes arabes «soumis».
Le Parti des Travailleurs (PT), présidé par Louisa Hanoune, a tenu hier, une session ordinaire de son comité central «particulière» marquée par une évaluation approfondie de son activité politique, de l’organisation de son action sur le terrain et de la hiérarchisation de ses priorités dans un contexte national et international instable.
Dans son discours d’ouverture, Louisa Hanoune a livré une analyse dense et sans concessions de la situation mondiale. D’une voix ferme, elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de «génocide sioniste» à Ghaza, en le reliant à l’effondrement du système impérialiste mondial, incarné selon elle par Donald Trump et ses alliés.
«Il ne s’agit ni d’une question religieuse, ni d’une question ethnique. Ce qui se passe à Ghaza est une atteinte à l’humanité entière», a-t-elle déclaré, appelant la communauté arabe et internationale à agir face à ce «génocide sioniste».
Elle a évoqué avec indignation «presque plus de 700 jours de massacres», «une population affamée», «des hôpitaux détruits» et des enfants «morts de faim dans leurs tentes». Louisa Hanoune accuse l’entité sioniste de vouloir éradiquer le peuple palestinien par une stratégie «d’écrasement total de Ghaza», dénonçant des pratiques de «ghettos» comparables à celles de l’Allemagne nazie.
Elle s’en est prise dans la foulée à Donald Trump, qu’elle qualifie de «grand criminel», responsable selon elle de la stratégie de déplacement forcé des populations palestiniennes, soutenue par un «silence complice» de certaines puissances européennes et de régimes arabes «soumis».
La secrétaire générale du PT n’a pas ménagé les régimes arabes. Leur passivité face aux agressions contre Ghaza, mais aussi contre le Liban, la Syrie, le Yémen et même le Qatar, révèle selon elle une «lâcheté historique» et un «alignement honteux» sur la politique de Washington et de l’entité sioniste.
À l’inverse, elle a salué le «courage du peuple yéménite», seul selon elle à résister militairement et symboliquement à l’expansion du projet sioniste-américain dans la région.
Par ailleurs, Louisa Hanoune a rendu hommage au mouvement international de solidarité avec Ghaza : mobilisation des dockers, des travailleurs, des étudiants, des artistes, et surtout à l’initiative «Sumud» de la flottille de la liberté — notamment celle en partance de la Tunisie avec le soutien de 44 nationalités.
Elle a mis en garde contre les pressions exercées sur les autorités tunisiennes, tout en saluant leur position «constante» sur la question palestinienne. Hanoune y voit «un sursaut mondial des peuples contre l’inhumanité», affirmant que «le projet sioniste vit ses derniers jours».
Trump, incarnation d’un capitalisme en crise
Pour elle, Donald Trump n’est pas seulement un acteur du drame palestinien, mais le «symbole d’un capitalisme en putréfaction», qui multiplie les guerres, fomente le chaos économique mondial et provoque même une «guerre sociale» dans son propre pays.
Elle a cité en exemple les manifestations prévues aux États-Unis contre l’extrême-droite et le soutien inconditionnel à l’entité sioniste. Elle a également évoqué la France, où elle voit émerger un «mouvement révolutionnaire» contre Emmanuel Macron.
Passant ensuite à la situation intérieure, Louisa Hanoune s’est interrogée sur «les turbulences à venir». Elle a souligné l’impact des guerres commerciales, notamment les hausses de droits de douane américaines, sur les économies africaines, dont l’Algérie.
Elle a appelé à renforcer les liens avec les pays africains, à dépasser «le complexe d’infériorité post-colonial» et à assumer pleinement l’identité africaine de l’Algérie.
Concernant le secteur de l’éducation, Hanoune a salué la titularisation de plus de 400 000 enseignants, tout en alertant sur de nombreuses carences persistantes : établissements non prêts pour la rentrée, manque de moyens, réforme linguistique improvisée, marginalisation de la langue amazighe. Elle a aussi dénoncé la répression de six syndicalistes à Oran, suspendus et privés de la moitié de leur salaire pour avoir exprimé des revendications professionnelles. «C’est une injustice honteuse», a-t-elle martelé.
Islam K.
