Le ministre de la Communication, Zohir Bouamama, a annoncé, hier, que les décrets d’application de la loi organique sur l’information, promulguée en 2023, seront publiés avant la fin de l’année. Il a précisé que l’ensemble des textes réglementaires relatifs à cette loi ont été finalisés et sont prêts à être mis en œuvre dans les prochains mois. Lors d’un atelier de formation organisé par l’Autorité nationale de protection des données à caractère personnel (ANPDP), en coordination avec le ministère de la Communication, le ministre a également fait savoir que le projet de décret exécutif portant création du Conseil de déontologie et d’éthique de la profession journalistique est achevé.
Il a souligné que le développement du secteur passe par la promotion du professionnalisme, du sens des responsabilités et du patriotisme, dans le strict respect des lois et de l’éthique de la profession. L’atelier, consacré au thème de la «protection des personnes physiques dans le domaine des données à caractère personnel» conformément à la loi 18-07, vise à sensibiliser les professionnels des médias à l’importance de préserver la vie privée des citoyens. Bouamama a indiqué que ce programme de formation traduit la volonté du gouvernement d’impliquer les journalistes dans la diffusion d’une culture de protection des données personnelles, considérée comme un pilier de la liberté individuelle et du respect des droits de l’homme. Le ministre a insisté sur la nécessité d’instaurer une culture du respect de la vie privée dans la pratique journalistique, tout en encourageant la transparence et la responsabilité dans le traitement de l’information. Il a souligné que la protection des données personnelles représente un enjeu national majeur, lié à l’essor technologique et à la multiplication des échanges numériques.
Il a rappelé, à ce titre, les directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui accorde une attention particulière au renforcement du cadre législatif et réglementaire relatif à la protection des données. Zohir Bouamama a affirmé que la réussite de cette démarche repose sur la complémentarité entre les pouvoirs publics, les médias et la société civile, dans un équilibre entre liberté d’expression et respect du droit à la vie privée. Il a rappelé que le journaliste doit être un exemple de rigueur et de responsabilité, notamment en vérifiant ses sources et en s’abstenant de publier toute information, image ou donnée portant atteinte à la vie privée sans motif légal ou consentement explicite. Le président de l’Autorité nationale de protection des données à caractère personnel, Samir Bourhil, a salué la collaboration du ministère de la Communication, qu’il a qualifiée de «gage de conscience institutionnelle face aux enjeux liés à la protection des données personnelles». Il a souligné que cette question dépasse désormais le cadre administratif ou technique pour devenir un enjeu sociétal majeur, touchant directement aux libertés fondamentales, à la dignité humaine et à la vie privée.
Samir Bourhil a conclu en estimant que cette journée de formation constitue une première étape vers un partenariat durable entre les médias et les institutions, visant à renforcer la sensibilisation collective, encourager les comportements responsables et ancrer une véritable culture de la protection des données personnelles au sein de la société.
R.N.
