L’ambassadeur de l’État de Palestine en Algérie, le Dr Faïz Abou Aïta, a animé, hier, au siège de la représentation diplomatique, une conférence de presse élargie réunissant des médias nationaux et internationaux. Cette rencontre a été consacrée à l’examen des derniers développements de la situation en Palestine, avec un focus particulier sur l’adoption par les autorités sionistes d’une loi instaurant la peine de mort à l’encontre des prisonniers palestiniens.
D’emblée, le diplomate a dénoncé une escalade «sans précédent» des violations visant le peuple palestinien, estimant que l’adoption de ce texte par la Knesset consacre une dérive de l’institution législative vers la légitimation d’une politique de répression systématique. Il a souligné le caractère discriminatoire de cette loi, qui, selon lui, est en contradiction avec les principes du droit international humanitaire.
L’ambassadeur a également pointé du doigt l’absence de poursuites judiciaires contre des colons impliqués dans des actes de violence, évoquant notamment des crimes graves commis en Cisjordanie, allant des assassinats aux destructions de biens et aux déplacements forcés de populations.
Inscrivant cette mesure dans un cadre plus large, il a estimé qu’elle s’ajoute à une série de législations et de politiques adoptées par les gouvernements sionistes successifs, en particulier l’actuel Exécutif, qu’il accuse de promouvoir des lois à caractère discriminatoire.
Par ailleurs, Faïz Abou Aïta a mis en cause la responsabilité de la communauté internationale, jugeant que l’absence de mesures contraignantes face à ces violations a contribué à leur intensification.
Abordant la situation sur le terrain, il a fait état d’une hausse préoccupante des exécutions de Palestiniens ces dernières années, indiquant que des centaines de personnes ont été tuées, y compris en détention ou lors d’opérations d’arrestation. Il a également évoqué la découverte de restes de corps près d’une université dans la bande de Ghaza, y voyant une illustration des violations commises à l’abri de toute surveillance internationale.
S’agissant des détenus palestiniens, l’ambassadeur a décrit des conditions de détention «inhumaines», marquées par diverses formes de mauvais traitements. S’appuyant sur son expérience personnelle en détention, il a affirmé que la situation actuelle s’est nettement dégradée.
Il a, en outre, alerté sur la situation humanitaire
«catastrophique» dans la bande de Ghaza, caractérisée par des pénuries aiguës de nourriture et d’eau, ainsi qu’un effondrement quasi total des infrastructures de base. L’ambassadeur a dressé un bilanhumain particulièrement lourd. Il a évoqué plus de 70 000 morts depuis le 7 octobre 2023, tout en soulignant que des dizaines de milliers de victimes restent non recensées, leurs corps étant toujours ensevelis sous les décombres.
Sur le plan religieux, le diplomate a dénoncé des restrictions d’accès aux lieux saints, notamment à Hébron et à la mosquée Al-Aqsa.
Face à ces développements, il a appelé à une mobilisation internationale effective, allant au-delà des déclarations de principe.
Il a également plaidé pour l’exercice de pressions concrètes sur les autorités sionistes afin d’abroger cette loi et d’isoler les institutions impliquées dans la mise en œuvre de politiques qu’il qualifie de discriminatoires.
K. Zemmouri
