Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la révision de la loi d’orientation agricole, y compris les mécanismes d’organisation et de régulation de la production agricole.
Lors de la réunion du Conseil des ministres, tenu dimanche, le chef de l’Etat a également insisté sur « la nécessité de travailler dans le secteur de l’agriculture selon la règle de la réduction des importations sans créer de pénurie sur le marché, et ce, en encourageant la création de coopératives spécialisées, notamment avec les nouvelles mesures incitatives que l’État continue d’accorder».
Pour rappel, le président Abdelmadjid Tebboune a instruit, en novembre dernier, le gouvernement pour préparer un nouveau projet de loi d’orientation agricole. Il y a lieu de rappeler que l’ancienne loi d’orientation agricole date du 3 août 2008 (loi n°08-16).
Le nouvel avant-projet de loi d’orientation agricole en préparation au niveau du ministère de l’Agriculture est censé aller dans le sens d’une plus forte sécurisation des exploitants agricoles, à même de les inciter à des investissements plus importants et diversifiés, et d’extension de la superficie agricole utile par de nouvelles concessions et d’opérations de mise en valeur. Un facteur déterminant, voire même décisif, dans la réalisation de l’objectif de la sécurité alimentaire du pays.
D’autant que le projet de Loi se veut une démarche stratégique en faveur de la construction d’un système agricole moderne et intégré, capable d’accompagner les mutations économiques nationales et mondiales.
En effet, la priorité réside dans la restructuration du secteur sur des bases scientifiques et économiques, à travers la valorisation des ressources hydriques, le lien entre agriculture et industries de transformation, la promotion de l’esprit d’entrepreneuriat en milieu rural, ainsi que le développement de la recherche agricole appliquée.
Des données précises permettront de prendre des décisions fondées sur des indicateurs réels, faisant ainsi du futur texte de loi une véritable feuille de route pour la consolidation de la souveraineté alimentaire et la réalisation de la transformation économique escomptée. La nouvelle Loi devrait définir l’avenir du secteur, en tenant compte des évolutions dans les différentes filières du pays, de la dynamique actuelle de la production et des défis actuels tels que la sécurité alimentaire. Un texte appelé à consacrer le secteur de l’agriculture comme « secteur fondamental de la souveraineté nationale ».
Une surface cultivable de 3 millions d’hectares
Le Président Tebboune, a, également, donné des instructions strictes pour poursuivre la réorganisation du secteur de l’agriculture et en faire une priorité centrale de l’État.
Il a souligné que l’augmentation du rendement par hectare constitue l’objectif principal de la prochaine phase, dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route du secteur agricole pour l’année 2026. A cet égard, il a insisté sur la nécessité de mobiliser l’ensemble des moyens matériels et humains afin d’accroître la capacité de production des céréales, estimant que la modernisation de ce secteur stratégique est un choix irréversible, compte tenu de son importance dans le renforcement de la sécurité alimentaire et la réduction de la dépendance aux marchés extérieurs.
Aussi, a-t-il mis l’accent sur l’importance d’adopter des méthodes scientifiques à toutes les étapes de la production agricole, selon une stratégie intégrée et avec la participation d’experts et d’ingénieurs agronomes, tout en tenant compte de la qualité des semences, des spécificités de chaque région et de la nature de ses sols, afin de garantir de meilleurs rendements et une qualité supérieure de la production.
Relance de la production de viandes
Le chef de l’État a, par ailleurs, ordonné au ministre de l’Agriculture de trouver des solutions «appropriées et urgentes» pour relancer la production de viandes rouges et blanches, de manière à répondre aux besoins du marché national, en associant les producteurs et les éleveurs.
Lors de son discours à la nation devant les deux chambres du Parlement, réunies au Palais des Nations à Club des Pins à Alger, le président Tebboune avait dénoncé l’« échec dans la production de viandes de toutes sortes », ajoutant que cette situation « soulève de grandes interrogations ». Il a appelé les responsables à assumer leurs responsabilités et précisé que « les fonds destinés à l’importation de viandes devraient revenir en priorité aux enfants de l’Algérie ».
Concernant le foncier agricole, le président de la République a réaffirmé l’engagement de l’État à poursuivre la régularisation de ce dossier au profit des intervenants et de ceux activant sur le terrain, afin d’atteindre les meilleurs niveaux de production, et cela en partant du principe « la terre appartient à celui qui la cultive».
Synthèse Badis B.
