Le livre «Le couscous, racines et couleurs d’Algérie» de l’auteure algérienne, Yasmina Sellam, est en compétition pour la finale du concours international Gourmand World Cookbook Awards 2025, qui récompense les meilleurs livres de cuisine du monde.
Le Palais de la culture Moufdi Zakaria a accueilli, jeudi, une rencontre riche en saveurs et en mémoire, consacrée à la présentation du nouveau livre de l’écrivaine algérienne Yasmina Sellam : «Le couscous, racines et couleurs de l’Algérie». Ce dernier-né est édité par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP).
L’événement s’est tenu en présence du ministre de la Culture et des Arts, Zoheir Belalou, venu saluer une œuvre qui honore le patrimoine immatériel national et porte la voix de l’Algérie au-delà de ses frontières.
Paru en 2024, cet ouvrage est déjà salué sur la scène internationale. Il figure parmi les finalistes du Gourmand World Cookbook Awards 2025, un prestigieux concours qui célèbre chaque année les meilleurs livres culinaires du monde. Sellam y concourt dans la catégorie Culture culinaire, aux côtés d’auteurs venus de divers horizons, notamment de Turquie et du Portugal. Le verdict sera connu le 19 juin prochain, lors d’une cérémonie prévue au Portugal.
Plongée dans l’âme d’un plat emblématique
À travers «Couscous, racines et couleurs d’Algérie», Yasmina Sellam offre une immersion documentée et sensible dans l’univers du couscous, patrimoine immatériel de l’humanité depuis 2020, au nom de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie. Pour l’autrice, ce plat va bien au-delà de la simple gastronomie : «Il est l’un des symboles les plus forts de notre identité culturelle», a-t-elle déclaré lors de son intervention.
La première partie de l’ouvrage s’attache à dévoiler les origines anciennes du couscous, en s’appuyant sur des sources historiques et archéologiques. Sellam évoque les exportations de céréales (blé dur, orge) par les Numides vers Rome, les écrits de Léon l’Africain, Jean Bottéro, Denis Saillard, ainsi que les recherches de Marceau Gast, ethnologue français ayant documenté dans les années 1960 les pratiques culinaires des Touaregs du Hoggar.
Selon ces études, les Zénètes du sud-ouest algérien seraient les premiers à avoir pratiqué le roulage du couscous. Le livre décrit également les techniques ancestrales, les ustensiles utilisés et la diversité lexicale autour du plat, nommé «kousksi», «seksou», «couscous», «taâm», «niâma», «berboucha» ou «aïch» selon les régions.
La seconde partie de l’ouvrage propose une riche sélection de recettes traditionnelles algériennes, illustrées de superbes photographies et accompagnées d’explications détaillées. On y découvre la diversité des préparations selon les régions, du couscous au lait du Sahara à celui aux légumes du Nord, en passant par les variantes à base de poisson ou de viande séchée.
Ingénieure agronome de formation, elle s’est engagée depuis plusieurs années dans la valorisation du patrimoine culinaire algérien, à travers ses publications, ses recherches, et des interventions dans les médias audiovisuels.
Ce n’est pas la première fois que Yasmina Sellam accède aux projecteurs de la scène culinaire mondiale. En 2023, son précédent ouvrage «Mémoire culinaire d’Algérie : histoire des recettes», avait déjà remporté un prix lors du Gourmand World Cookbook Awards. Forte de cette reconnaissance, elle revient aujourd’hui avec une œuvre plus ambitieuse encore, qui croise anthropologie, histoire et art culinaire.
Dans un contexte où les patrimoines immatériels sont de plus en plus valorisés à l’échelle internationale, ce livre s’inscrit comme une contribution majeure à la valorisation du couscous algérien, de ses traditions, et de son ancrage dans les pratiques sociales, festives et familiales du pays.
Alors que les regards se tournent vers le Portugal pour l’annonce des lauréats, Yasmina Sellam rappelle que «raconter le couscous, c’est raconter l’Algérie». Une déclaration qui résume bien l’essence de son ouvrage.
Islam K.