Le projet du Train Alger-Tamanrasset franchit une nouvelle étape décisive.
La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé vendredi que son Conseil d’administration a « approuvé un prêt de 747,32 millions d’euros destiné à financer la première tranche du projet de construction de la ligne ferroviaire Laghouat–Ghardaïa–El Ménéa ».
La BAD précise que « ce financement s’inscrit dans la vision de transformation nationale portée par le gouvernement algérien, qui considère le développement du réseau ferroviaire comme un levier majeur de diversification économique, de réduction des disparités régionales et de transition vers des modes de transport plus durables ».
Elle ajoute que « ce projet ferroviaire contribuera directement aux priorités stratégiques de la Banque africaine de développement et s’inscrit dans le quatrième point cardinal relatif au développement d’infrastructures résilientes et à la valorisation des matières premières.
Il marque également une étape clé dans le partenariat entre l’Algérie et la Banque et reflète l’ambition partagée d’investir dans des infrastructures modernes, résilientes et au service de la croissance inclusive».
Selon Abdoulkader Dileita, responsable pays de la Banque africaine de développement en Algérie, « ce projet ferroviaire structurant contribuera à transformer durablement les dynamiques économiques du Sud algérien. Il ouvrira de nouvelles perspectives pour le commerce, l’emploi et la compétitivité des territoires ».
Il ajoute que « la Banque est fière d’accompagner l’Algérie dans la mise en œuvre de ses infrastructures stratégiques ». La BAD explique que cette infrastructure stratégique vise à renforcer la connectivité territoriale, stimuler le développement économique du Sud algérien et soutenir l’intégration régionale.
Elle figure parmi les projets d’investissement prioritaires du pays et vise à faciliter les déplacements des voyageurs et le transport des marchandises. Elle permettra également de réduire les coûts logistiques et d’optimiser l’acheminement des productions agricoles et industrielles.
Enfin, elle favorisera une exploitation durable des ressources économiques des régions sahariennes.
La première tranche du projet comprend plusieurs volets, notamment la construction des segments prioritaires de la ligne et l’installation d’équipements ferroviaires modernes. Des systèmes de sécurité et de signalisation de dernière génération seront mis en place. Le projet prévoit également l’aménagement de plateformes économiques et sociales à destination des jeunes, des femmes et des acteurs locaux.
Enfin, les conditions techniques et opérationnelles nécessaires à l’extension future du réseau seront préparées.
Une expansion stratégique
Le recours graduel de l’Algérie au financement extérieur de projets d’intérêt national, inscrit dans la loi de Finances 2025, a ouvert la voie à la mobilisation de ressources en faveur de ce premier grand projet prioritaire, dont le coût est estimé à 2,8 milliards de dollars américains.
La ligne Laghouat-Ghardaïa-El Ménéa s’inscrit dans le cadre du programme d’investissements ferroviaires de l’Algérie visant à doubler le réseau national pour atteindre 10 000 km d’ici 2030, et même 15 000 km à plus long terme.
La décision de la BAD d’accorder ce prêt à l’Algérie marque une nouvelle étape décisive dans le lancement de ce projet ferroviaire stratégique qui représente une partie importante du projet de train Alger Tamanrasset, devant relier la capitale à l’extrême Sud du pays.
L’objectif est de relier par train Alger à Tamanrasset à partir de 2028, de désenclaver les régions reculées du Sud, soutenir le développement industriel et améliorer la transformation des ressources naturelles au niveau national.
Longue de 2.023 km, la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset constitue le plus grand projet d’infrastructure de base du pays. Deux tronçons de ce train du désert sont fonctionnels. Le premier relie Alger à Blida sur 68 km. Le second relie Boughezoul à Laghouat sur 250 km.
Le chemin de fer transsaharien devrait permettre l’exploitation de gisements de fer, de zinc, d’or et de terres rares, en offrant une logistique efficace pour la transformation et l’exportation.
Saïd S.
