Près de 2000 personnes, venues des quatre coins du Liban, ont afflué jeudi au village de Baïssarieh, dans le sud du pays, pour faire leurs adieux à Amal Khalil, une journaliste tuée la veille dans une frappe aérienne.
«Ne t’en va pas, Amal», lance en pleurs sa belle-sœur, devant le cercueil porté par une quarantaine de bras.
«Ta plume ne va jamais mourir», crie à son tour une autre de ses proches, avant d’être interrompue par le bruit d’une explosion au loin. «C’est Israël qui dynamite des maisons dans des villages plus au sud», explique un homme qui se tient à ses côtés. «Nous n’avons pas peur», lui réplique-t-elle. «Pourquoi devrions-nous encore avoir peur d’Israël? On a perdu ce qu’on avait de plus cher.»
Amal Khalil, journaliste libanaise qui couvrait le conflit dans la ville de al-Tiri dans le sud du Liban, a été tuée mercredi par une frappe de l’armée sioniste. Sa collègue, Zeinab Faraj, a été blessée.
Selon le quotidien al-Akhbar, cité par L’Orient le jour, la journaliste a été ensevelie sous les décombres d’une maison où elle venait de se réfugier après une première frappe. Le ministère libanais de la Santé affirme même que l’armée israélienne a « poursuivi « les deux journalistes, visant leur abri après la première frappe.
Avant l’annonce du décès de la reporter, l’agence de presse libanaise officielle, Ani, avait fait état de quatre personnes tuées par des frappes israéliennes dans l’est et le sud du pays.
Sur X, le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a fait part de sa « profonde tristesse » pour la mort de la journaliste « prise pour cible par l’armée israélienne alors qu’elle accomplissait son devoir professionnel ». « Le ciblage des journalistes est un crime grave et une violation flagrante du droit international humanitaire, face auxquels nous ne resterons pas silencieux », a-t-il ajouté. « Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban », a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant « des crimes de guerre ».
La mort d’Amal Khalil intervient malgré une trêve de dix jours entrée en vigueur le 17 avril.
R.I
