Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a une nouvelle fois remercié, les autorités algériennes pour l’incarcération en Algérie de deux cadres de la Dz Mafia, Mehdi Laribi et Djamel Djeha, figures importantes du narcotrafic marseillais et considérés comme des «objectifs prioritaires de la criminalité organisée française», soulignant une «collaboration efficace contre le narcotrafic».
Aussitôt, la nouvelle parvenue, Darmanin a exprimé sa gratitude sur le réseau social X envers la justice algérienne pour la qualité des échanges et le travail mené conjointement. Les deux narcotrafiquants franco-algériens «ne sont donc plus sous simple contrôle judiciaire», a précisé le ministre de la Justice, remerciant les autorités judiciaires algériennes pour leur «collaboration» après leurs arrestations en Algérie. Ceux-ci «ont été placés en détention provisoire en Algérie à la demande du parquet d’Alger», a annoncé le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, sur X.
«Ils ne sont donc plus sous simple contrôle judiciaire». «Merci aux autorités judiciaires algériennes pour nos échanges et pour notre collaboration au bénéfice de notre lutte commune contre le narcotrafic», a également écrit le garde des Sceaux sur X après l’incarcération des deux narcotrafiquants franco-algériens, partis se mettre à l’abri de l’autre côté de la Méditerranée.
Mehdi Laribi, est présenté par les autorités françaises comme l’un des cinq ou six membres fondateurs de la Dz Mafia, organisation criminelle implantée à Marseille et impliquée dans le trafic de stupéfiants. Âgé de 36 ans et possédant les nationalités française et algérienne, il avait été interpellé le 20 juillet en Algérie en exécution d’un mandat d’arrêt émis par des juges d’instruction marseillais dans le cadre de l’enquête dite Octopus, rapportent les médias français.
Le ministre de la Justice était, d’ailleurs, accompagné à Alger de plusieurs magistrats français, spécialistes du narcotrafic, pour parler déjà de la Dz mafia. Cette double arrestation ces derniers jours, en Algérie, en coopération entre policiers et magistrats de chaque pays est donc un pas en avant.
Djamel Djeha, frère de Mohamed Djeha, dit Mimo, figure historique du trafic de stupéfiants dans la cité de la Castellane à Marseille, avait quant à lui été interpellé le 3 août. Il est visé par un mandat d’arrêt délivré dans le cadre de l’enquête «Empire», portant sur un important réseau de trafic de drogue à la Castellane.
Une opération menée en avril 2025 dans ce dossier avait conduit à l’arrestation d’une vingtaine de personnes. Les deux hommes avaient initialement été placés sous contrôle judiciaire en Algérie. Leur placement en détention provisoire marque un nouveau développement dans la reprise de la coopération judiciaire entre Paris et Alger en matière de lutte contre le crime organisé. «On est passé des mots aux actes», résume une source diplomatique, quand une autre appelle à se montrer «extrêmement précautionneux» avec l’Algérie.
«Ça va, ça vient», glisse encore ce diplomate. Les interpellations de ces deux «importants narcotrafiquants» sont intervenues quelques semaines après une visite de Gérald Darmanin à Alger, présentée comme le point d’orgue d’une reprise de la coopération judiciaire entre les deux pays, qui n’ont pas d’accord d’extradition.
Selon une convention signée entre la France et l’Algérie, aucun des deux pays n’extrade vers l’autre ses ressortissants. Le narcotrafiquant peut, toutefois, être poursuivi en Algérie si les autorités françaises le demandent. La justice d’Alger sera seule à statuer sur leur sort.
La Dz Mafia a beaucoup fait parler d’elle ces dernières semaines. Leur trafic de stupéfiants s’est étendu à d’autres villes que Marseille, comme à Alès, dont le maire à dû être exfiltré de son domicile après la découverte de menaces inscrites sur son domicile et attribuées à l’organisation criminelle.
H. Adryen
