Le raid avait pour principal objectif un complexe militaire abritant le palais présidentiel. Des dépôts de carburant et deux centrales électriques figureraient également parmi les sites bombardés.
L’aviation sioniste a mené de violentes frappes sur la capitale yéménite, Sanaa. L’opération, inédite par son ampleur, a marqué un nouvel élargissement du conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis octobre 2023. Alors que l’occupant affirme avoir visé des infrastructures militaires des Houthis, ces derniers dénoncent un «ciblage délibéré» d’installations civiles et promettent de renforcer leur riposte.
Selon les chaînes sionistes 12 et 14, le raid, baptisé «Nevi Tsidq» («Prophète de la justice»), avait pour principal objectif un complexe militaire abritant le palais présidentiel. Des dépôts de carburant et deux centrales électriques figureraient également parmi les sites bombardés. L’armée a expliqué avoir frappé des «infrastructures utilisées par les Houthis à des fins militaires», affirmant que l’électricité produite par les centrales visées servait aux activités armées du mouvement.
D’après les médias houthis, les raids ont touché notamment la station de la compagnie pétrolière située rue al-Sittin, causant des incendies massifs et la mort d’au moins deux personnes, en plus de cinq blessés. La défense civile était mobilisée pour maîtriser les flammes qui se sont propagées dans plusieurs quartiers du Sud et de l’Ouest de la capitale.
Un message politique assumé
À l’occupant, le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le ministre de la Défense Yisrael Katz et le chef d’état-major Eyal Zamir ont suivi les frappes depuis le siège du ministère de la Défense. Quatorze avions de chasse auraient participé à l’opération, lançant environ quarante missiles. «Le palais présidentiel est une cible claire : les centres de pouvoir des Houthis sont dans notre ligne de mire», a confié une source militaire à la radio de l’armée.
Pour l’entité sioniste, il s’agit d’une réponse directe aux tirs de missiles et de drones lancés ces dernières semaines depuis le Yémen. Vendredi encore, un projectile doté d’une ogive à fragmentation avait été intercepté par la défense antimissile sioniste, provoquant des scènes de panique à l’occupant et la suspension temporaire du trafic à l’aéroport Ben Gourion.
La riposte promise des Houthis
Le mouvement Ansar Allah, qui contrôle la capitale yéménite, a immédiatement réagi. Mohammed al-Farrah, membre de son bureau politique, a accusé l’entité sioniste de «frapper délibérément des zones civiles, comme il le fait à Ghaza». Un autre responsable a souligné que le palais présidentiel visé était vide et inactif, dénonçant une opération «purement symbolique» destinée à masquer les échecs sionistes sur d’autres fronts.
«Nous allons multiplier nos opérations et atteindre des cibles plus profondes au cœur de l’entité sioniste», a déclaré un porte-parole militaire houthi à Al Jazeera, promettant une intensification des attaques par drones et missiles. De son côté, Hazem al-Asad, membre du Conseil politique du mouvement, a affirmé que les frappes sionistes n’arrêteraient pas le soutien du Yémen à Ghaza.
Une extension dangereuse du conflit
Depuis l’automne 2023, les Houthis revendiquent régulièrement des tirs de missiles et de drones contre l’entité sioniste, ainsi que des attaques contre des navires marchands liés à ses ports. Leur mouvement justifie ces opérations comme une réponse à la «guerre d’extermination» menée par l’entité sioniste contre Ghaza.
En frappant Sanaa, l’entité sioniste franchit un nouveau palier en élargissant son champ d’action militaire au-delà de Ghaza, du Liban ou de la Syrie. Cette opération pourrait ouvrir un front supplémentaire dans une région déjà traversée de multiples foyers de tensions, où l’Iran, accusé par l’occupant de soutenir directement les Houthis, joue un rôle central.
Alors que l’aviation sioniste promet de poursuivre ses frappes «quel que soit l’éloignement de la menace», les Houthis jurent de maintenir leur soutien à Ghaza et de continuer à viser l’entité sioniste. Dans ce cycle d’attaques et de représailles, la crainte grandit d’une spirale incontrôlable où le Yémen s’affirme désormais comme un champ de bataille à part entière de la guerre régionale.
A.M.
