La croissance réelle de l’économie algérienne a, quant à elle, atteint 3,7% en 2024, traduisant le maintien d’une dynamique économique positive. L’Office national des statistiques a révélé, jeudi, que le produit intérieur brut (PIB) du pays a augmenté de 7,2% en 2024. Selon l’Office national des statistiques, le PIB (en valeur nominale) est passé de 33 678,7 milliards de dinars algériens en 2023 à 36 103,5 milliards de dinars algériens en 2024, enregistrant ainsi une croissance de 7,2%. Cette évolution s’explique en partie par une augmentation de 3,4 % de l’indice implicite des prix du PIB, reflétant une certaine reprise de l’activité économique nationale.
La valeur du PIB en 2024, convertie en dollars américains, s’élève à 269,3 milliards USD. Cette progression du PIB en 2024 est essentiellement portée par certains secteurs stratégiques qui ont enregistré des hausses de croissance appréciables. L’agriculture, l’industrie agroalimentaire, l’industrie textile et le commerce ont contribué de manière significative, avec des taux de croissance respectifs de 5,3%, 5,2%, 10,3% et 7,4%, explique l’ONS. Les chiffres révélés mettent en lumière les performances du secteur hors hydrocarbures. En effet, le taux de croissance du Produit Intérieur Brut hors hydrocarbures enregistre une progression plus soutenue que celui du PIB global. Il passe de 4,3% en 2023 à 4,8% en 2024, marquant ainsi une amélioration notable et une performance économique appréciable.
Les secteurs en plein essor
Comme expliqué par l’ONS, l’augmentation du PIB en 2024 est largement portée par la performance de certains secteurs clés, à l’instar de l’agriculture qui a enregistré un taux de croissance de 5,3%, une reprise significative par rapport à l’année précédente, où il s’élevait à 3,0%. Cette amélioration est attribuable à plusieurs facteurs, notamment la reprise de la production céréalière et le dynamisme de certaines cultures à forte valeur commerciale. Autre secteur porteur, l’industrie dont la valeur ajoutée a enregistré une croissance de 5,7%, avec une mention spéciale pour l’industrie textile qui a affiché une croissance spectaculaire de 10,3 %. En termes nominaux, la valeur ajoutée industrielle s’est élevée à 1 674,4 milliards de dinars en 2024, contre 1 467,7 milliards en 2023, soit une progression de 14,1%. Même tendance haussière pour le secteur de la construction qui enregistre une hausse de 3,8% en volume et 11,3% en valeur.
Les hydrocarbures en repli
Après une croissance de 3,6% en 2023, le secteur des hydrocarbures a connu un repli de 1,3% en 2024. En termes nominaux, la valeur ajoutée du secteur des hydrocarbures a diminué de 4,7%, s’établissant à 6 133 milliards de dinars, contre 6 435,4 milliards de dinars en 2023. Cette baisse est principalement due à un recul de 2,8% dans l’extraction, explique l’ONS qui ajoute que cette évolution s’accompagne, également, d’une baisse du déflateur de 3,5%, reflétant le recul des prix du baril sur le marché international. En revanche, les activités de raffinage et de cokéfaction se sont redressées, enregistrant une hausse de 3,0% contre une légère baisse de 0,2% l’année précédente.
Commerce extérieur déséquilibré
En dépit des mesures adoptées pour freiner les importations, le déséquilibre des échanges extérieurs s’est accentué sous l’effet d’une baisse des exportations et d’une progression continue des importations, ce qui a entraîné un déficit commercial. Du côté des exportations, on observe une baisse globale de 2,4% en volume par rapport à l’année précédente. En plus des exportations d’hydrocarbures, qui constituent une part essentielle des recettes extérieures du pays, et qui ont enregistré une baisse de 1,9% en 2024, les exportations des autres biens ont subi une forte contraction de 20,8%, en nette rupture avec la croissance de 4,8% observée l’année précédente. Pour les importations de biens et services, on note une hausse en volume de 11,9%.
Une demande interne soutenue
L’ONS indique qu’en 2024, la demande intérieure a affiché une croissance de 6,9%. Ce rythme reste soutenu, porté en grande partie par une hausse notable de 9,8% de la formation brute de capital fixe. Par ailleurs, la consommation finale des ménages a connu une hausse de 3,9%. En valeur, cela représente 14 901,7 milliards de dinars. De son côté, la demande intérieure des administrations publiques a augmenté de 2,8%.
Saïd S.
