Le président Abdelmadjid Tebboune entame une série de consultations politiques avec les principales formations du pays.
Le chef de l’Etat a accordé, hier, une audience à deux chefs de parti politique. «Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, mercredi, le Secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Monder Bouden, à sa demande», indique un communiqué des services de la Présidence.
Par ailleurs, «le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, mercredi à Alger, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelaali Hassani Cherif, à sa demande», ajoute un second communiqué des mêmes services. Ces rencontres interviennent après celles menées au début de l’année au cours desquelles le chef de l’Etat avait reçu, successivement, une délégation du Rassemblement national démocratique menée par l’ancien Secrétaire général du parti, Mustapha Yahi, le président du parti «Sawt Echaâb», Lamine Osmani, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelaali Hassani Cherif, et le Président du Front El-Moustakbel, Fateh Boutbig. Il s’agit, à travers ces consultations, de se concerter autour des principaux dossiers sur la scène nationale, notamment la révision des lois sur les partis politiques et le régime électoral, les projets des codes communal et de wilaya et l’initiative de dialogue national.
Dans une déclaration de presse au sortir de l’audience d’hier, le président du MSP a indiqué que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’engagement du parti «à contribuer activement à relever les défis nationaux et à favoriser le dialogue politique responsable». Il a ajouté que cette rencontre avait été «l’occasion de se débattre de la situation politique générale du pays, à la lumière des développements régionaux et internationaux auxquels fait face l’Algérie et la région dans son ensemble». La réunion a également abordé la situation économique et sociale du pays, à la lumière des mutations mondiales, ajoute la même source. «Ces mutations nécessitent des politiques publiques accordant la priorité aux citoyens, favorisant la justice sociale, stimulant l’investissement et protégeant le pouvoir d’achat du citoyen», est-il mentionné. Dans ce contexte, le MSP «réitère son engagement à poursuivre la voie du dialogue et apporter des propositions concrètes pour parvenir à la stabilité politique, au succès économique et à l’inclusion nationale».
Un engagement réitéré
Ces audiences, organisées en présence du conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires politiques et des relations avec la jeunesse, la société civile et les partis politiques, Zoheir Bouamama, laissent envisager que le Chef de l’Etat entend engager le dialogue politique national inclusif et des consultations avec des forces vives du pays. Un engagement fait lors de sa prestation de serment pour un second mandat présidentiel, après sa victoire aux élections du 7 octobre 2024 et réitéré lors de son entrevue périodique avec les médias, diffusée le 22 mars 2025, sur les chaînes de télévision et de radio nationales. Ces rencontres illustrent une volonté claire de rassembler les acteurs politiques autour des défis nationaux et internationaux. Le Président Tebboune avait réaffirmé son engagement à ouvrir un dialogue national fin 2025 ou début 2026, souhaitant que ce dialogue profite au pays.
Renforcer le front interne
Une initiative saluée par plusieurs formations, y compris des partis de l’opposition, tels que le Parti des travailleurs, le Front des forces socialistes, et le Rassemblement pour la culture et la démocratie Dans son discours devant les deux Chambres du Parlement, Abdelmadjid Tebboune avait souligné l’importance d’un dialogue national. Dans son discours à la Nation devant les deux chambres parlementaires, le Président Tebboune a souhaité que ce dialogue national soit «profond et inclusif et non purement discursif», soulignant qu’il «renforcera les droits fondamentaux à travers les lois consacrées par la Constitution et la loi organique relative aux partis politiques et aux associations». «J’ai promis à la classe politique d’ouvrir un dialogue pour renforcer le front intérieur et cela se fera de manière organisée», avait-il affirmé.
Le Président Tebboune avait déjà lancé des processus similaires au début et au milieu de son premier mandat, sous le slogan de l’apaisement puis de la «réunification». À la fin de son mandat, il a organisé une table ronde avec des chefs de partis et des personnalités nationales de diverses tendances pour parler ouvertement, comme l’ont dit beaucoup d’entre eux.
Badis B.
