Cette visite reflète la conviction commune de l’Algérie et du Vatican quant à la nécessité de bâtir un monde fondé sur la paix, le dialogue et la justice face aux défis actuels.
L’Algérie a salué, mercredi dernier, le communiqué publié par les autorités de l’État du Vatican annonçant la visite officielle de Sa Sainteté le pape Léon XIV en Algérie, à l’invitation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, selon un communiqué de la Présidence.
À cet égard, le chef de l’État a présidé une réunion consacrée à l’évaluation du travail de la commission chargée de préparer cette visite. Selon la même source, celle-ci «permettra de consolider les liens d’amitié, de confiance et d’entente unissant l’Algérie et l’État du Vatican». Le communiqué précise qu’elle «ouvrira sans nul doute de nouvelles perspectives de coopération reflétant leur conviction commune quant à la nécessité de bâtir un monde fondé sur la paix et les valeurs du dialogue et de la justice, face aux différents défis actuels auxquels l’humanité est confrontée».
La réunion présidentielle s’inscrit dans le cadre de la coordination officielle visant à assurer l’organisation de la visite conformément aux protocoles en vigueur, et à garantir toutes les dispositions sécuritaires, diplomatiques et logistiques nécessaires pour accueillir l’hôte de l’Algérie.
Les participants ont insisté sur l’importance de poursuivre la coordination entre les différentes instances concernées afin d’assurer le succès de cette visite qualifiée d’historique et de consolider les relations bilatérales.
Programme de la visite
Lors de sa visite en Algérie, le souverain pontife se rendra à Alger et à Annaba du 13 au 15 avril. Après des rencontres avec les autorités et la communauté catholique d’Alger, le pape Léon XIV se rendra le 14 avril à Annaba, où il participera à la célébration de la messe dans une basilique dirigée par une communauté de trois augustiniens d’origine kényane, sud-soudanaise et nigériane.
Il devrait également visiter les personnes âgées de la maison de retraite des Petites Sœurs des Pauvres, communément appelée Lalla Bouna, puis se rendre aux ruines d’Hippone, où saint Augustin fut évêque pendant plus de trente ans, jusqu’à sa mort en 430.
Cette visite a été accueillie avec une immense joie par l’archevêque d’Alger, Jean-Paul Vesco, qui a décrit ce prochain voyage comme un «rêve devenu réalité». «C’est un très beau signe d’ouverture de la part du pape et des autorités», souligne-t-il. Pour le cardinal Vesco, l’Algérie est «une terre à la croisée des chemins, à la porte de l’Afrique».
Un voyage aux enjeux géopolitiques
Le voyage mettra en avant le dialogue interreligieux, fondé sur la rencontre humaine : «Les différences religieuses ne sont qu’un enrichissement.»
À un tel moment, aucune décision n’est purement protocolaire. L’Algérie n’a pas été choisie simplement parce qu’elle était disponible. Ce n’est pas une étape, c’est un signal, un repositionnement au sein de la géographie de l’autorité morale mondiale.
L’Algérie occupe une jonction rare, alliant Méditerranée méridionale, profondeur africaine et espace politique arabe. À une époque de blocs rigides et d’alignements figés, Alger a préservé une autonomie stratégique distincte : ni subordonnée, ni isolée, capable de parler à l’Europe sans s’y dissoudre, engagée en Afrique sans abandonner son ancrage arabe. Non-alignée dans un monde où l’alignement est devenu monnaie courante, elle possède un équilibre lui conférant crédibilité et influence.
Une visite papale dans un pays à majorité musulmane, dans ce contexte précis, a une signification indubitable : le dialogue global n’appartient plus exclusivement aux capitales occidentales. Le Sud cesse d’être en marge et devient une plateforme. L’image du pape Léon XIV célébrant la messe ou se tenant côte à côte avec le président Tebboune sera diffusée dans le monde entier. Une image qui confirme que l’Algérie, contrairement à certaines allégations, est loin d’être isolée sur le plan international et qu’elle demeure un acteur incontournable dans le maintien des équilibres régionaux
Smail R.
