Après des frappes américaines d’une intensité inédite visant plusieurs installations nucléaires en Iran, la République islamique hausse le ton: le Parlement iranien a approuvé une résolution historique pour la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent jusqu’à 30 % du pétrole mondial. Une décision explosive qui place la planète face à une crise énergétique imminente.
Dans la nuit du 21 au 22 juin, trois sites majeurs ont été visés : Fordo, enfoui à plus de 100 mètres sous une montagne, le centre d’enrichissement de Natanz, et un complexe nucléaire près d’Ispahan. En réponse, Téhéran menace de verrouiller le détroit, avec à la clé une hausse brutale des prix du pétrole.
Le général Esmail Kosari, figure influente des Gardiens de la Révolution, a déclaré que la fermeture du détroit serait « mise en œuvre si nécessaire ». Ce scénario prend de plus en plus corps, nourri par la montée des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Le diplomate Abbas Aragchi évoque « diverses options », laissant planer une incertitude stratégique majeure.
Le détroit d’Ormuz, large d’environ 40 km, est l’artère vitale du transport d’hydrocarbures vers l’Asie, l’Europe et l’Amérique. Chaque jour, près de 20 millions de barils de pétrole y circulent. Sa fermeture, même temporaire, entraînerait une flambée immédiate du baril, déjà estimé à près de 90 dollars en prévision.
Les analystes évoquent un scénario noir : un pétrole à plus de 120 dollars, avec des effets inflationnistes en cascade sur les denrées alimentaires, les transports, l’énergie et les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le spectre des crises énergétiques des années 1970 resurgit brutalement.
Navigation sous tension et la diplomatie en alerte
La région est en état d’alerte maximale. Les navires américains sont désormais considérés comme cibles prioritaires en mer Rouge et dans le golfe d’Aden. Le géant danois Maersk annonce maintenir ses routes commerciales dans le détroit, tout en se tenant prêt à réagir à toute escalade.
Sur le plan diplomatique, la pression monte. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a appelé la Chine à jouer les médiateurs pour éviter le verrouillage du détroit, preuve de l’inquiétude mondiale croissante face à une possible rupture d’approvisionnement énergétique.
Un basculement mondial en cours ?
Alors que le conflit Israël-Iran s’enlise dans une spirale de représailles, le monde pourrait basculer dans une nouvelle ère d’instabilité économique, marquée par un retour de l’inflation, une volatilité accrue des marchés, et un climat d’angoisse géopolitique.
Le compte à rebours semble lancé : si Téhéran franchit le pas, c’est tout l’édifice de la sécurité énergétique mondiale qui vacillera. Le détroit d’Ormuz, plus que jamais, est le goulet par lequel se joue le sort de l’équilibre global.
R.Malek