Ce type de fonds d’investissement constitue un levier essentiel pour le développement des start-up.
L’Algérie dispose d’une base d’épargne considérable, estimée à environ 7.600 milliards de DA déposés au niveau des banques en 2024. Cette base d’épargne ouvre de vastes perspectives pour orienter une partie de ces ressources au service des objectifs de développement économique et social, tout en renforçant le rôle du marché financier et des instruments de financement alternatifs comme mécanisme efficace pour financer l’économie. Cette base d’épargne pourrait ainsi appuyer le nouveau dispositif sur les organismes de placement collectif à capital risque (OPCR), lancé officiellement lundi, lors d’une journée d’étude organisée par la Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (COSOB). Intervenant lors de cette journée, le président de la COSOB, Youcef Bouznada, a indiqué que «les OPCR représentent un mécanisme de financement avancé permettant de mobiliser l’épargne et de l’orienter directement vers les entreprises naissantes et les projets innovants, selon le principe de partage des risques et des profits entre les investisseurs et les entrepreneurs». Ces organismes se distinguent notamment, a-t-il ajouté, par leur capacité à offrir un financement souple et non traditionnel aux projets à fort potentiel de croissance, qui rencontrent souvent des difficultés à obtenir un financement bancaire classique. Qu’ils prennent la forme de fonds de placement ou de sociétés d’investissement, les OPCR représentent un mécanisme de financement avancé permettant de mobiliser l’épargne et de l’orienter directement vers les start-up, les petites entreprises et les projets innovants, tout en instaurant le principe de partage des risques et des profits entre investisseurs et entrepreneurs.
Pour rappel, le règlement COSOB 24-02 publié en mai dernier sur le journal officiel avant d’être suivi par ses dispositions d’application au mois de juin et, enfin, son lancement officiel ce lundi, a défini les règles de création et de gestion des OPCR. Ce qui offre selon le président de la COSOB un cadre sécurisé pour attirer les investisseurs tout en protégeant leurs intérêts. L’objectif étant d’accompagner les entreprises bénéficiaires via un appui technique pour renforcer leurs capacités de gestion et d’innovation. Abondant dans le même sens, le ministre de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, présent à la journée d’étude, a mis en avant l’importance de ces fonds d’investissement pour diversifier les sources de financement, de l’innovation et des start-up en Algérie, tout en contribuant à la réalisation de l’objectif fixé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de créer 20.000 start-up à l’horizon 2029.
Nouveau mécanisme de transparence
Cette journée d’étude, à laquelle a, également, assisté le ministre des finances, Abdelkrim Bouzred, a été l’occasion pour la COSOB d’annoncer la mise en place d’un nouveau système visant à moderniser les mécanismes de divulgation financière des entreprises cotées en bourse, en remplacement du dispositif en vigueur depuis l’an 2000. Ce système permettra d’assurer la fourniture de données financières détaillées sur la situation et les performances des entreprises au profit des actionnaires, afin de renforcer la transparence et la confiance et de garantir que les actionnaires disposent d’informations suffisantes pour prendre leurs décisions d’investissement. Ce système qui sera finalisé en octobre prochain, s’inscrit dans la démarche permanente d’alignement du marché financier sur les meilleures normes et pratiques internationales. Ce système vient ainsi en prolongement des nombreux systèmes clés, déjà mis en place, et qui ont restructuré l’architecture du marché financier et ses instruments.
Il s’agit notamment du système général pour la bourse des valeurs mobilières, du système garantissant le bon déroulement des opérations négociées en bourse et du dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Saïd S
