Le président du Mouvement Elbina ElWatani, Abdelkader Bengrina, a réaffirmé, hier, le soutien de sa formation au gouvernement, tout en soulignant les lignes rouges à ne pas franchir dans un contexte national qu’il qualifie de «sensible».
Livrant une déclaration politique à l’occasion de la clôture de l’université d’été de son parti, Abdelkader Bengrina a indiqué que son parti se tient aux côtés du gouvernement pour l’accompagner dans la mise en œuvre du programme de «l’Algérie victorieuse». Il a mis l’accent sur la nécessité d’œuvrer à la stabilité et à la sécurité du pays, en relevant notamment l’importance de garantir les fondements de la sécurité nationale, qu’elle soit alimentaire, hydrique ou énergétique. Le Mouvement, a-t-il dit, est prêt à contribuer à redonner espoir à la jeunesse en difficulté, à rassurer les cadres du pays et à soutenir les entrepreneurs.
Cependant, le premier responsable du parti a fait savoir que son parti s’opposerait fermement à tout gestionnaire qui faillirait à ses devoirs envers la nation et le peuple. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de manœuvres malveillantes, de certains responsables et opérateurs, visant à créer artificiellement des pénuries et à manipuler le pouvoir d’achat des citoyens. Selon lui, ces pratiques seraient le fait de lobbies d’importation mus par des intérêts étroits, auxquels se joindraient parfois certains investisseurs privés algériens, voire, de manière plus grave, des cercles au sein même du gouvernement.
Pour illustrer son propos, il a évoqué la récente affaire des pneumatiques, estimant que la réapparition soudaine de stocks importants, juste après la décision présidentielle d’autoriser leur importation, révélait une tentative manifeste de manipulation. Cette situation, selon lui, met en lumière l’urgence de nettoyer les circuits économiques de toute forme de spéculation et de sabotage intérieur.
Renforcer la cohésion nationale
Sur le plan politique et institutionnel, le président du Mouvement a développé une vision articulée autour de plusieurs priorités stratégiques. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion nationale à travers une mobilisation collective ancrée dans une conscience populaire unifiée, afin de préserver les acquis de stabilité et de résister aux pressions extérieures.
Bengrina a souligné l’urgence de mettre en place une politique de communication gouvernementale efficace, capable de répondre aux défis de l’heure par des discours cohérents et transparents, et de restaurer la confiance entre les institutions de l’État et les citoyens. Dans le même esprit, il a appelé à garantir un accès réel à l’information pour les médias nationaux, afin qu’ils puissent jouer leur rôle de relais entre le peuple et les institutions, tout en respectant les principes de l’éthique journalistique.
Un audit des gestionnaires
Concernant la gestion, il a estimé qu’un travail d’évaluation sérieux s’impose, en particulier dans les domaines économiques, sociaux et de l’emploi. Il a regretté l’existence persistante de défaillances dans la gestion publique, souvent marquée, selon lui, par une mentalité bureaucratique et un manque de vision politique, notamment dans les situations de crise.
Pour remédier à ces dysfonctionnements, Bengrina a défendu l’idée d’une plus grande implication de la classe politique représentative dans les affaires publiques. Il a réclamé un rôle renforcé pour le Parlement, notamment à travers l’instauration d’un rapport annuel sur la politique générale du gouvernement. Cela permettrait aux élus d’évaluer de manière rigoureuse les réalisations du pouvoir exécutif, tout en formulant des critiques constructives et des alternatives concrètes.
Appel à un dialogue national
Enfin, abordant la situation économique, Abdelkader Bengrina a lancé un appel à l’ouverture urgente d’un dialogue national franc et transparent. Selon lui, ce dialogue devra porter sur les défis liés à l’inflation, au chômage, au financement des projets de développement, mais aussi sur la mise en place de solutions durables telles que le soutien à la production locale, un allègement fiscal en faveur des catégories moyennes et vulnérables, un appui accru aux petites et moyennes entreprises, ainsi qu’une rationalisation des subventions pour en garantir l’efficacité.
Islam K.
