A peine la rentrée sociale entamée qu’une guerre de mots semble s’installer entre deux partis : l’un le FLN, parti majoritaire dans toutes les Assemblées élues (APN, Sénat, APW et APC) et de l’autre Sawt Echaab (3 députés et sénateurs).
Cette guéguerre se produit à quelque mois des élections prévues l’année prochaine. Cette petite escarmouche entre le FLN et le parti Sawt Echaab de Lamine Osmani est-elle le prélude aux prochaines campagnes électorales ? Le leader de ce petit parti s’est attaqué avant-hier au plus vieux parti. Le leader de cette petite formation politique s’en est pris lors d’une conférence de presse au FLN et à un degré moindre le RND leur déniant même leur leadership. «Il n’existe pas de grands ou de petits partis. Nous sommes tous égaux. La preuve est qu’aucun de ces partis n’a obtenu de poste ministériel dans le gouvernement», a-t-il lancé à la cantonade comme pour appuyer son analyse. Poursuivant son attaque frontale, Osmani qui est allé loin dans ses critiques s’est même autorisé une comparaison entre le FLN d’antan et celui d’aujourd’hui : «Même à l’époque de la guerre d’indépendance et du parti unique, il y a avait des débats au sein de ce parti. Bien ou mauvais, il existait des débats intenses. Aujourd’hui et au temps du pluralisme, il n’y a rien. Les partis n’ont pas fait leur travail», s’est-il lancé dans une diatribe effrénée. La réponse du FLN ne s’est pas fait attendre. Et elle est sans équivoque. Répondant à la place de la direction nationale qui se complait dans une sorte de repos estival, le groupe parlementaire du FLN a pris les choses en mains et la parole pour recadrer sèchement ce dirigeant politique au verbe acéré et suffisamment populiste.
Réponse parlementaire
Le groupe parlementaire du FLN dit avoir suivi avec une grande stupéfaction «la sortie médiatique du président de ce qui est appelé le Parti Voix du Peuple», Lamine Osmane, et ce qu’elle contenait comme «attaque irresponsable contre le FLN et les députés du peuple», dans une tentative désespérée d’«attirer l’attention en portant atteinte au parti historique». Le groupe rappelle à l’opinion publique que Lamine Osmane a été député au Parlement et qu’«aucune initiative sérieuse ou proposition constructive en faveur du citoyen et de la nation n’a été enregistrée durant son mandat». Aujourd’hui, après avoir échoué à s’imposer comme acteur politique réel, «il n’a trouvé d’autre moyen que de surfer sur la vague populiste, se persuadant à tort que s’attaquer au FLN était un raccourci pour obtenir la légitimité qui lui fait défaut» ajoute le FLN. Le FLN affirme que ce qu’on appelle le Parti Voix du Peuple «n’est rien d’autre qu’un label électoral dépourvu de vision nationale et de base populaire». Le recours de son président à l’attaque contre le FLN «n’est qu’un signe d’échec politique et d’incapacité manifeste à proposer une alternative sérieuse répondant aux attentes des Algériens», a-t-il ajouté. Se considérant comme l’héritier légitime et historique du Front de libération nationale qui a déclenché la révolution du 1er novembre 1954 et conduit le peuple algérien à l’indépendance le 5 juillet 1962, le FLN «représente l’école nationale qui a formé les hommes d’État et les décideurs, et construit les institutions de la République», poursuit le communiqué.
«Ceux qui veulent rivaliser avec le FLN sont voués à la disparition»
Répondant aux propos de Lamine Osmani qui a prétendu que ce parti est vidé de sa substance et qu’il n’est plus ce qu’il était, le communiqué ajoute que le FLN «continue d’être évalué et contrôlé par ses militants au sein de ses structures légitimes, et non par des parties cherchant à obtenir une légitimité en l’attaquant». Le groupe parlementaire rappelle à l’adresse d’Osmani que des dizaines de partis qui ont tenté de rivaliser avec le FLN «ont disparu, tandis que le parti historique reste profondément enraciné dans la mémoire du peuple et constitue une force majeure sur la scène politique nationale».
Enfin, le groupe du FLN à l’Assemblée populaire nationale réaffirme «sa fidélité à l’histoire du parti et aux principes du 1er novembre et restera le pilier solide de l’État algérien, le défenseur loyal du peuple et de ses intérêts au Parlement, et ne se laissera pas ébranler par des voix marginales à la recherche d’une présence médiatique éphémère» comme pour narguer ce leader de parti trop prétentieux.
M.T.
