Pour sortir définitivement de la dépendance de la France en matière de blé, l’Algérie diversifie ses sources d’approvisionnement en ciblant quelque pays dont le Canada et d’autres fournisseurs.
Producteur d’une partie de ses besoins en blé dur mais fortement dépendant du marché mondial pour ses besoins en blé tendre, l’Algérie doit trouver la parade pour s’approvisionner en quantités suffisantes pour compenser une production locale en baisse en raison de conditions climatiques peu propices.
Pour sortir définitivement de la dépendance de la France en matière de blé, l’Algérie diversifie ses sources d’approvisionnement en ciblant quelque pays dont le Canada et d’autres fournisseurs. Historiquement, la France était un fournisseur majeur, mais l’Allemagne, la Roumanie et d’autres pays (Mer Noire, Amérique du sud et Australie) fournissent également l’Algérie qui poursuit sa quête de diversification de ses approvisionnements en céréales, avec une attention particulière portée au blé dur de qualité supérieure.
Cette dynamique s’est illustrée lors d’un séminaire organisé avant-hier à Alger par la compagnie Céréals Canada et la Commission canadienne des Grains, où la nouvelle récolte canadienne a été présentée aux acteurs algériens selon la page Facebook de l’ambassade canadienne à Alger.
La délégation canadienne a souligné qu’une production en hausse et une qualité de grain jugée excellente «permettront au Canada d’assurer à l’Algérie un approvisionnement stable et fiable», participant ainsi directement à la sécurité alimentaire du pays.
L’événement a également été l’occasion pour l’Office algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC) et ses partenaires canadiens d’échanger sur les pratiques techniques et la chaîne de valeur des céréales, dans le cadre d’un renforcement de la coopération bilatérale.
Coopération technique durable
Lors de cette rencontre, les discussions ont porté sur l’échange de connaissances sur la chaîne de valeur du blé, les programmes de formation technique destinés aux opérateurs algériens et le contrôle qualité et la logistique liés aux céréales importées.
Selon le communiqué de l’ambassade du Canada en Algérie, ces échanges ont été «productifs» et visent à «structurer une coopération technique durable», tout en renforçant l’expertise locale. Tout en améliorant la maîtrise des processus liés aux céréales.
Quelques jours avant le séminaire, l’Algérie a finalisé un important achat international de blé tendre. L’OAIC a clôturé un appel d’offres international le 3 décembre dernier, portant sur un volume estimé entre 810.000 et 900.000 tonnes.
Dix sociétés de négoce international ont remporté des lots. Avec des contrats conclus autour de 256 dollars la tonne, coût et fret inclus. Les expéditions sont programmées pour février 2026, en deux tranches, depuis les zones d’approvisionnement habituelles, principalement européennes.
Une partie du blé pourrait également provenir de la mer Noire ou d’Argentine. Ce n’est pas la première opération de ce type en quelques semaines.
Mi-novembre, l’OAIC avait déjà conclu un achat de 150.000 à 170.000 tonnes de blé meunier, alors que l’appel d’offres portait sur un volume nominal identique de 50.000 tonnes. Fin octobre, l’Office avait acquis 600.000 tonnes supplémentaires. En moins de deux mois, le total atteint environ 1,67 million de tonnes de blé meunier.
À cela s’ajoute, mi-octobre, l’achat de 400.000 tonnes de blé dur et une autre quantité d’orge fourragère début novembre. Grâce à l’implication canadienne, l’Algérie bénéficie d’un fournisseur fiable pour son blé dur.
Tout en consolidant ses compétences techniques et son expertise locale, dans un contexte mondial où la disponibilité des céréales reste un enjeu majeur. L’Algérie est le 5e importateur mondial de blé tendre, avec des prévisions d’achats dépassant les 7 millions de tonnes.
Dans ses prévisions sur la filière céréales en Algérie en octobre 2024, le département américain de l’agriculture (USDA) a indiqué qu’au cours de la campagne de commercialisation 2024/25, l’Algérie a importé plus de 2,64 millions de tonnes métriques de blé dur, avec le Canada comme le principal fournisseur de blé dur de l’Algérie, ayant assuré, au cours des six dernières années, 32 % des importations de blé dur du pays.
Les autres fournisseurs de l’Algérie sont le Mexique, les Etats-Unis et des pays de l’Union européenne. Malgré une amélioration des conditions de culture, les niveaux d’importation devraient rester élevés.
Cela s’explique par le fait que l’Algérie ne couvre pas entièrement sa demande intérieure et accumule des stocks pour compenser les déficits de production causés par une récolte précédente moins bonne. Des récoltes nationales affectées par la sécheresse avaient poussé à des importations record en 2023/2024.
M.T.
