La 3e édition de l’Africa Global Impact Summit (AGIS) s’est ouverte hier à Alger, sous le haut patronage du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises.
Organisé par Green Eco Algérie, l’événement a rassemblé experts, entrepreneurs, institutions et acteurs du changement autour d’un thème central : la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), devenue aujourd’hui une exigence incontournable plutôt qu’une simple option volontaire. Alors que l’économie mondiale opère une profonde reconfiguration, les entreprises algériennes – et africaines en général – sont appelées à intégrer la RSE au cœur de leur modèle de gestion et de production. Pour les intervenants, il ne s’agit plus d’une démarche accessoire, mais bien d’un facteur de compétitivité à l’international, particulièrement en matière d’export.
«La RSE permet aux entreprises d’accéder à de nouveaux marchés en répondant aux normes internationales comme la norme ISO 26000», ont souligné plusieurs experts présents, rappelant que cette norme est directement liée aux Objectifs de Développement Durable (ODD) fixés par l’ONU. Dans son allocution, Khalida Anad, présidente de Green Eco Algérie, a insisté sur le rôle clé des entreprises dans la création d’un avenir durable pour le continent : «Elles peuvent innover, créer de l’emploi, stimuler la croissance économique et surtout avoir un impact concret sur les communautés et l’environnement», a-t-elle déclaré, tout en appelant à une action collective face aux défis du changement climatique, de la pauvreté et de la dégradation de l’environnement. Ali Harbi, membre du Cercle d’Action et de Réflexion autour de l’Entreprise (CARE), a quant à lui rappelé l’importance d’une approche globale et incitative : «Il faut des politiques publiques qui encouragent les entreprises à s’engager dans une vraie démarche RSE. On note une prise de conscience croissante», a-t-il noté, estimant que l’Algérie n’a exploité que 10 % de son potentiel entrepreneurial. Mehdi Bendimerad, président du Cluster Énergie, a appelé de son côté à une émergence d’entreprises capables de proposer des solutions innovantes et durables, respectueuses de l’environnement.
Enfin, Itumeleng Dlamini, conseillère auprès du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), un organe de l’Union africaine, a mis en lumière un aspect souvent sous-estimé: l’accès aux financements. «Les entreprises alignées sur les normes environnementales, notamment en matière d’efficacité énergétique ou de recours aux énergies renouvelables, trouvent plus facilement des financements», a-t-il expliqué. Il a également évoqué la taxe carbone aux frontières comme un facteur de pression pour les exportateurs. «Les entreprises n’ont plus le choix : elles doivent s’adapter ou risquer l’exclusion des marchés internationaux.» Ainsi, l’ouverture de l’AGIS 2025 marque une étape importante dans la reconnaissance de la RSE comme élément stratégique de développement économique durable. Reste à savoir si les entreprises et les institutions sauront concrétiser cette ambition à long terme. L’AGIS 2025 rassemble un large éventail d’acteurs engagés : entreprises, pouvoirs publics, startups, ONG et universités africaines et internationales.
L’objectif principal est de promouvoir des modèles d’affaires responsables, intégrant la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), l’économie circulaire et la neutralité carbone, tout en renforçant le développement local à travers des initiatives concrètes et innovantes. Face aux défis majeurs que sont le changement climatique, la raréfaction des ressources naturelles et l’urbanisation rapide, AGIS offre un espace de dialogue mais surtout d’engagement concret pour transformer ces obstacles en opportunités durables.
Islam K.
