L’Algérie occupe la première place en Afrique en matière de création de start-up ces dernières années, avec plus de 13 000 entreprises.
À présent, l’accent est mis sur la labellisation de ces entreprises, un processus encadré par un décret exécutif publié dans le Journal officiel (JO) n°81, en décembre dernier, portant création du label «scale-up», attribué aux start-up ayant dépassé la phase de lancement et affichant une croissance rapide.
«La start-up n’est qu’une étape dans un parcours. Lorsqu’elle atteint une certaine maturité, elle doit évoluer vers la scale-up», expliquait, hier, le directeur des start-up et des structures d’appui au ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises.
Intervenant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, ChemseddineBenmoussat, a assuré dans ce contexte que le Comité national d’habilitation, créé en 2020, délivre aujourd’hui quatre labels, dont le tout récent label «scale-up».
«Ce nouveau label, introduit en décembre 2025, consacre des entreprises capables de se développer à l’international et de générer des devises», a ajouté le même responsable, notant que l’objectif est de
«préparer l’émergence de champions nationaux et, à terme, de licornes».
«Le président de la République a orienté l’économie vers la connaissance, l’innovation et le savoir-faire, en complément des hydrocarbures», a-t-il rappelé. Pour 2026, «le ministère ambitionne de labelliser au moins une quinzaine de scale-up», a soutenu Chemseddine Benmoussat.
Incitations, souveraineté des données et taux de survie
Le directeur des start-up et des structures d’appui au ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises n’a pas manqué de souligner les efforts de l’Algérie dans sa politique de soutien aux start-up, notamment les nombreuses incitations, dont les exonérations fiscales pouvant atteindre six ans, les procédures 100% numériques, l’accompagnement gratuit et l’accès facilité au financement.
«Aujourd’hui, un porteur de projet peut créer et développer sa start-up sans dépenser un seul dinar au départ, et les résultats sont probants», selon lui. Et de préciser que «sur plus de
1 100 start-up labellisées depuis 2020, seule une dizaine a cessé l’activité».
«Cela représente un taux de survie supérieur à 95%», a-t-il indiqué. Par ailleurs, le rôle des start-up dans la gouvernance et la souveraineté des données est jugé stratégique.
«Nous avons des start-up qui développent leurs propres modèles d’intelligence artificielle et des clouds locaux afin de préserver les données sensibles en Algérie», a conclu Benmoussat.
L’ACF, une référence nationale
Chemseddine Benmoussat, qui a dressé un panorama détaillé de l’évolution de l’écosystème entrepreneurial national, «marqué par une dynamique soutenue, des réformes structurantes et une ouverture affirmée à l’international», s’est longuement attardé sur la cinquième édition de la Foire de l’entrepreneuriat d’Annaba (ACF), soulignant l’ampleur prise par cet événement devenu une référence nationale.
«Ce qui était au départ un événement régional est aujourd’hui une manifestation à portée nationale et même internationale», a-t-il affirmé, précisant que des porteurs de projets et des experts issus de 35 wilayas y ont participé.
La présence de délégations tunisienne, allemande et italienne, en partenariat avec la coopération algéro-allemande (GIZ), témoigne de l’attractivité croissante de l’écosystème algérien.
Selon lui, cette réussite repose notamment sur la maturité du tissu local et le rôle clé du centre d’innovation d’Annaba, qui héberge aujourd’hui plus de 50 start-up. «Cette concentration crée une énergie exceptionnelle et favorise l’émergence d’événements de plus en plus structurés», a-t-il expliqué.
Des retours internationaux encourageants
Les partenaires allemands, particulièrement impliqués dans la thématique de l’agri-tech, ont exprimé un intérêt marqué pour les compétences locales. «Un expert allemand m’a confié qu’il n’avait jamais vu un gouvernement soutenir autant ses start-up», a rapporté Benmoussat, insistant sur «la richesse du capital humain algérien, notamment chez les étudiants et les jeunes entrepreneurs».
Les thématiques abordées lors de l’ACF (intelligence artificielle, santé et agriculture) illustrent l’orientation stratégique vers des secteurs à forte valeur ajoutée.
«L’agri-tech permet d’augmenter le rendement, d’économiser l’eau et d’apporter plus de précision», a-t-il souligné, rappelant que ces domaines s’inscrivent dans la transition vers une économie innovante.
F. Houali
