La crise diplomatique entre l’Algérie et la France va laisser des traces indélébiles sur leurs relations futures. Rien ne sera plus comme avant ! La forte tension qui a atteint des pics entre l’Algérie et la France semble baisser depuis quelques jours de plusieurs crans. Ni les chantres de la peur, ni la presse inféodée à l’Elysée n’ont cessé leurs tirs vengeurs. Seul le journal de gauche Libération a tenté un reportage du côté de l’Ouest algérien pour sonder les citoyens sur cette crise. C’est comme si une instruction verbale est venue mettre le holà. Et à l’heure actuelle on ne sait pas encore si les deux Présidents se sont parlé le jour de l’Aïd El Adha comme ce fut le cas lors de l’Aïd El Fitr.
Les relations entre l’Algérie et la France traversent une période particulièrement tendue, notamment depuis que Paris a exprimé son soutien au plan marocain pour le Sahara occidental. Cette position, perçue comme une rupture avec une posture plus équilibrée, a provoqué un refroidissement important dans les liens diplomatiques entre Alger et Paris. L’Algérie, qui soutient fermement la cause sahraouie, a vu dans cette reconnaissance, une exacerbation d’une situation déjà marquée par des différends historiques et politiques. Cette situation difficile a influencé les échanges et les interactions entre les deux pays, au point que les contacts officiels se sont faits rares ces derniers mois. Les gestes symboliques peuvent servir à calmer les tensions sans pour autant résoudre les différends fondamentaux. La France doit ainsi jongler entre ses intérêts dans la région et les réactions qu’ils suscitent, tandis que l’Algérie doit gérer ses alliances et préserver sa souveraineté. Est-ce un apaisement de façade ou une lutte sourde qui se profile à l’horizon ? Ou est-ce aussi le travail en coulisses qui a gagné en ampleur ces derniers jours quand on sait que les Présidents Tebboune et Macron entretiennent d’excellentes relations et favorisent toujours le dialogue aux tourments des tirs-aux-flancs. Même le récent livre de l’ex-ambassadeur Xavier Driencourt, un fervent détracteur de l’Algérie, «France-Algérie, le double aveuglement» n’a pas reçu les éloges attendues et a été même peu médiatisé.
Il est passé presque inaperçu ! C’est dire que la sauce algérienne ne tient plus et ne fait plus recette ! Seule la voix de l’extrême-droite continue d’occuper un tant soit peu le champ médiatique. Avant-hier, ce courant politique cherchait à discréditer par tous les moyens les citoyens algériens. Parmi les dossiers utilisés, les retraites versées à l’étranger. Ce courant hostile à l’Algérie en France saisit chaque occasion pour attiser le discours haineux. L’extrême-droite française n’a pas manqué d’exploiter les informations contenues dans le rapport de la Cour des comptes publié fin mai dernier sur la situation financière du système de retraite français, évoquant des fraudes présumées en Algérie qui coûteraient au régime des retraites français jusqu’à 80 millions d’euros par an. Le député Aurélien Dutremble, membre du groupe du Rassemblement national (RN), a interpellé le ministre de l’Économie sur les mesures envisagées pour mettre fin aux fraudes signalées dans ce rapport. Il a notamment demandé ce qui est en cours pour vérifier l’identité des bénéficiaires, et a plaidé pour l’utilisation de technologies biométriques de reconnaissance faciale. Le député a également proposé de suspendre les pensions suspectes jusqu’à leur vérification complète, ainsi que le recouvrement des sommes versées indûment. Malgré cette coupure diplomatique, la dynamique économique garde son cap.
L’entretien très positif entre le patron du géant français CMA CGM et le président Tebboune a apporté la preuve qu’Alger sait faire preuve de pragmatisme quand ses intérêts supérieurs le dictent. Ainsi, les dernières données sur les exportations de gaz le démontrent de nouveau. La France, après des mois d’oscillations, est redevenue en mai 2025 le premier client du gaz naturel liquéfié (GNL) algérien. Globalement les exportations du pays sont dans une belle dynamique, avec des volumes différents en fonction des acheteurs européens. D’après les indicateurs de l’Energy Research Unit, domiciliée à Washington, la France a acheté 0,258 million de tonnes de GNL algérien en mai dernier, ce qui fait 26,8% du total des exportations. Ces quantités ont enregistré un net rebond, +12,7% en comparaison avec avril 2025, même si les volumes affichent une baisse de 15% par rapport à ceux enregistrés en mai 2024. Avec de telles importations, la France passe devant l’Italie, avec ses 0,219 million de tonnes importées en mai 2025.
Pourtant, la demande italienne a fait une progression phénoménale de 45% sur un mois et de 82% sur un an. Le rebond de la France, un pays qui produit massivement de l’énergie nucléaire, indique clairement que le gaz algérien a une importance croissante en Europe.
Mahmoud Tadjer