Le budget 2026 est le plus important jamais adopté par l’Algérie.
Signée le 14 décembre par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la Loi de finances 2026, qui a été publiée au Journal officiel no 88 du mercredi 31 décembre, est entrée en vigueur le 1er janvier.
Ce texte définit la trajectoire budgétaire et économique de l’Algérie pour l’année en cours, avec des choix marqués en matière de dépenses publiques, de croissance économique et de fiscalité.
Budget record
Traduisant un effort massif en faveur des politiques publiques, la Loi de finances 2026 consacre le budget le plus important jamais adopté par l’Algérie. Cette enveloppe exceptionnelle reflète la volonté de l’Etat de soutenir les secteurs stratégiques et les services publics, tout en maintenant des équilibres macroéconomiques prudents. Basée sur un baril de pétrole à 60 dollars, la LF 2026 prévoit des recettes évaluées à 8.009.025.301.630 de dinars (plus de 61 milliards de dollars) et des dépenses inédites de 17.636.662.280.000 DA, soit plus de 135 milliards de dollars au taux actuel de la devise américaine. Sur le plan macroéconomique, la LF 2026 table sur une croissance de 4,1 % pour l’année en cours, avec une progression graduelle prévue à 4,4 % en 2027 et 4,5 % en 2028.
Fiscalité : socle des recettes
La fiscalité demeure la principale source de financement du budget 2026. En effet, l’essentiel des recettes de l’Etat proviendra des impôts de toute nature. Les recettes fiscales attendues s’élèvent à 7.025 milliards de dinars. L’impôt sur le revenu global (IRG) représente à lui seul plus de 2.068. 635.502.061 de dinars, tandis que les impôts sur la consommation dépassent 1.619. 392.929.856 de dinars.
Le texte prévoit, en outre, une introduction d’un dispositif exceptionnel de régularisation fiscale volontaire, avec imposition à un taux fixe (libératoire) si elle est réalisée avant le 31 décembre 2026. Ces chiffres confirment le rôle central de la fiscalité dans le financement du budget et la dépendance du Trésor public à la mobilisation fiscale.
Mesures sociales
Soucieux de maintenir une politique de protection sociale forte, le texte de loi consacre environ 38 % du budget global aux transferts sociaux. Outre les nouvelles augmentations des salaires (hausse de 3,1 % de la masse salariale), de l’allocation chômage, des bourses étudiantes et des pensions de retraite, prévues, loi prévoit un budget destiné à la prise en charge des subventions sur les produits de large consommation estimé à près de 675 milliards DA, tandis que 420 milliards DA sont prévus pour l’allocation chômage.
Une contribution de 170 milliards de dinars des organismes de sécurité sociale est, également, prévue pour financer les hôpitaux publics. La protection du pouvoir d’achat des ménages se traduit par la prorogation jusqu’au 31 décembre 2026 des exonérations fiscales et des droits de douane appliqués sur les produits de première nécessité.
L’application du taux réduit de 5% des droits de douane sur les opérations d’importation de cheptels bovin et ovin vifs destinés à l’abattage. Ces mesures visent à stabiliser les prix alimentaires essentiels et à faciliter l’accès des citoyens à ces produits.
Soutien à l’investissement
Optant pour le renforcement des facteurs qui stimulent la croissance, la LF 2026 prône le maintien de la dynamique de l’investissement public, avec un budget qui devra dépasser le cap des 4.000 milliards DA, avec d’importants projets dans des secteurs comme les travaux publics, l’hydraulique ou l’agriculture.
Pour encourager l’investissement, la LF prévoit notamment la simplification des procédures fiscales, l’encouragement des start-ups, et le soutien aux entreprises opérant dans le domaine de l’exportation.
Il est, ainsi, prévu de porter à deux ans, au lieu d’un an, la durée de l’exonération fiscale accordée aux start-ups lors du renouvellement de leur label, et de reconduire les avantages fiscaux accordés aux incubateurs d’entreprises lors de chaque renouvellement de leur label.
La loi prévoit, en outre, des exonérations de droits de douane et réductions ciblées pour soutenir certains secteurs dont les importations d’équipements pour panneaux solaires avec un taux de douane réduit à 5 %, les électrolyseurs pour production d’hydrogène (exonération des droits de douane).
Les importations de matières premières pour la pêche et l’aquaculture bénéficient d’une exonération des droits de douanes et l’application d’un taux de TVA de 9 %.
Saïd S
