Par S. MÉHALLA
Alors que la France affirme, par la voix de son ministre des Armées, que son appareil de défense doit s’adapter à un «monde en recomposition rapide», il est temps de rappeler une vérité fondamentale : ce monde en mutation ne menace pas uniquement les grandes puissances, mais frappe plus violemment encore les pays du Sud, les nations arabes et africaines en première ligne face aux ingérences, aux menaces hybrides, et aux déstabilisations programmées.
L’Algérie, puissance régionale souveraine, n’est pas épargnée. À l’ouest, ce sont des bases militaires sionistes au Maroc, théâtre d’une coopération militaire inavouée mais bien réelle avec Tel-Aviv. À nos frontières Sud, ce sont des flux d’armes, de drogues, des laboratoires du chaos tolérés et alimentés par les silences complices de puissances extérieures. Et à l’Est, ce sont les soubresauts d’un Sahel instable, infiltré par des groupes armés dont certains ont trouvé une forme d’asile ou de justification sous la bannière des droits de l’homme ou de la «lutte contre le terrorisme» version occidentale.
Il faut cesser l’hypocrisie. La France qui prétend défendre sa souveraineté par le réarmement massif est la même qui mène contre l’Algérie une guerre de cinquième génération, subtile, insidieuse, mais redoutable. Une guerre qui ne dit pas son nom : propagande, soutien logistique aux groupes hostiles, asile offert à des corrompus notoires, diabolisation médiatique, tentatives d’ingérence politique, cybermanipulations, guerre psychologique.
Et pourtant, que disent nos adversaires lorsque l’Algérie défend son droit légitime à renforcer son armée, à moderniser ses capacités, à former ses réserves, à protéger son peuple et son territoire ? Ils crient au militarisme. Ils agitent l’épouvantail de «l’Algérie qui s’isole». Mais c’est précisément parce que nous sommes menacés, encerclés, et ciblés, que nous devons répondre par la mobilisation, la lucidité, et la souveraineté assumée.
Oui, l’Algérie a le droit – et même le devoir – de donner à son armée les moyens de sa mission. Oui, dans cette conjoncture mondiale délétère, il faut budgétiser, investir, innover. Oui, nous avons le droit de nous défendre sans attendre le bon vouloir ou le feu vert de quiconque, surtout pas de ceux qui déstabilisent pour mieux dominer.
À l’heure où l’Europe se réarme, où l’OTAN se muscle, où la France parle de «déclin militaire inacceptable», que l’Algérie trace son chemin de puissance, de dignité et d’autonomie. Non pas pour attaquer, mais pour ne plus jamais être vulnérable.
Mobilisation de l’État, du peuple, de la jeunesse. Mobilisation intellectuelle, économique, culturelle et militaire. Tel est le mot d’ordre.
S.M.
