Lors de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron a annoncé officiellement la reconnaissance par la France de l’État de Palestine.
Ce geste attendu, mais longtemps repoussé, place Paris aux côtés de 148 pays membres de l’ONU qui ont déjà franchi ce pas. Pour L’Humanité, il s’agit d’«une première victoire incontestable», mais aussi d’un signal politique lourd de conséquences.
Cette reconnaissance, inscrite dans la déclaration adoptée à New York le 12 septembre dernier et confirmée à la tribune onusienne le 22 septembre, marque une rupture avec la position prudente qu’a longtemps défendue la diplomatie française. Elle intervient dans un contexte de guerre à Ghaza, d’offensives sionistes meurtrières et d’accusations de génocide instruites contre Tel-Aviv par la Cour internationale de justice.
Sur le terrain, les Palestiniens oscillent entre rêve et doute. Dans les camps de réfugiés de Cisjordanie, comme à Faraa ou à Naplouse, la population salue l’initiative française mais réclame qu’elle s’accompagne de mesures concrètes : embargo sur les ventes d’armes, sanctions contre la colonisation et pressions diplomatiques sur l’entité. «Une reconnaissance sans mesures correctives restera lettre morte», préviennent plusieurs voix locales citées par L’Humanité.
Dans le territoire occupé même, la société civile pacifiste tente de se faire entendre. La coalition It’s Time, regroupant plus de 60 organisations juives et arabes pour la paix, a salué le geste français comme une «chance de briser le cycle du sang». «Le sang continuera de couler des deux côtés si nous n’agissons pas», alerte-t-elle dans les colonnes du quotidien.
De son côté, Benyamin Netanyahou a rejeté avec violence la décision française, la qualifiant d’«encouragement au terrorisme» et promettant de poursuivre ses offensives militaires. L’Humanité parle d’un Premier ministre israélien «reclus dans son jusqu’au-boutisme génocidaire», redoublant de férocité face à l’isolement diplomatique croissant de l’entité sioniste.
Enfin, dans un entretien exclusif accordé à L’Humanité, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a salué la position française, qualifiant la solution à deux États de «concrète, utile et puissante». Selon lui, ce pas ouvre la voie à une dynamique internationale susceptible de contraindre l’entité à respecter le droit international.
Ainsi, avec cette reconnaissance, Paris brise un tabou vieux de plusieurs décennies et inscrit son geste dans l’histoire diplomatique du Proche-Orient.
Reste désormais à savoir si la France accompagnera ce signal fort de mesures concrètes capables de transformer l’espoir palestinien en réalité politique.
R.C.
