Depuis plusieurs années, la Fondation Clinton, créée par l’ancien président américain Bill Clinton et son épouse Hillary, est au centre de soupçons concernant sa gestion financière et ses activités.
Par Rédaction de Crésus
Des documents récemment rendus publics montrent que l’administration fiscale américaine (IRS) avait commencé à enquêter sérieusement en 2019, avant de stopper brutalement toute avancée. Explications.
Les lanceurs d’alerte ?
Deux experts américains, John Moynihan (ancien spécialiste des crimes financiers à la DEA) et Larry Doyle (expert en fiscalité), ont étudié en profondeur la Fondation Clinton.
Ils ont rassemblé plus de 6 000 pages de documents.
Ils ont témoigné devant le Congrès.
Ils affirment que la Fondation a mélangé activités caritatives et intérêts personnels.
Selon eux, une partie des fonds aurait servi à des dépenses privées, comme des voyages, et l’organisation aurait fonctionné parfois comme un agent de gouvernements étrangers, ce qui est interdit pour une fondation exonérée d’impôts.
Que s’est-il passé avec l’IRS ?
En 2019, Moynihan et Doyle rencontrent à plusieurs reprises des agents de l’IRS.
- Au début, les enquêteurs semblent convaincus : certains auraient même déclaré que «l’ensemble de la structure est une fraude».
- Les deux hommes sont alors enregistrés comme témoins coopérants, et leurs documents sont officiellement versés dans l’enquête.
- Mais soudain, tout s’arrête. Les agents leur disent désormais : «Nous ne pouvons pas parler de la Fondation Clinton».
Les courriels internes de l’IRS montrent que les informations circulaient entre plusieurs bureaux (Texas, New Jersey, Washington), mais que la coordination a vite tourné à la confusion : colis de preuves perdus, dossiers jugés clos alors que des réunions avaient encore lieu, et finalement abandon pur et simple.
Pourquoi cette enquête est-elle sensible ?
La Fondation Clinton est une organisation mondiale qui a collecté près de 3 milliards de dollars depuis sa création. Elle finance des projets de santé et de développement dans de nombreux pays. Mais :
- Des donateurs auraient pu obtenir des faveurs politiques lorsque Hillary Clinton était secrétaire d’État.
- Des activités non prévues par les statuts (santé, projets internationaux) auraient été financées sans autorisation fiscale.
- Le directeur financier de la Fondation aurait lui-même reconnu son incapacité à empêcher Bill Clinton de mélanger affaires personnelles et argent caritatif.
Et maintenant ?
Moynihan et Doyle poursuivent leur combat devant la Cour fiscale américaine, avec un premier procès prévu pour décembre 2025.
Leur avocat dénonce une obstruction volontaire : l’IRS aurait d’abord encouragé les lanceurs d’alerte avant de bloquer le processus.
La Fondation Clinton, de son côté, nie toute irrégularité et affirme que ses erreurs passées ont été corrigées. Elle estime que les accusations sont purement politiques.
Pourquoi cette affaire importe-t-elle ?
Au-delà de la Fondation Clinton, ce dossier met en lumière un problème plus large :
- Les institutions américaines peuvent-elles enquêter librement et sans pression politique quand des personnalités influentes sont concernées ?
- Qui a décidé de mettre fin à l’enquête de l’IRS ? Et pourquoi ?
Pour l’instant, ces questions restent sans réponse. Mais le procès à venir pourrait enfin lever une partie du voile.
R.C.
