Réforme des partis, dialogue national et formation du prochain gouvernement : le président Abdelmadjid Tebboune a tracé les grandes lignes de la prochaine rentrée sociale. Au cœur de cette feuille de route, figurent la relance de la concertation politique, la révision du cadre juridique des partis et la mise en place d’un Exécutif où la compétence primera sur les considérations partisanes.
Depuis l’entame de son second mandat, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, réaffirme sa volonté d’engager un dialogue national. Une orientation qu’il a renouvelée lors de sa récente rencontre avec les représentants de la presse nationale, annonçant le lancement de cette concertation à la prochaine rentrée sociale, vraisemblablement en septembre.
Évoquée pour la quatrième fois, cette initiative devrait, cette fois-ci, associer les partis politiques ayant pris part aux dernières élections législatives. Si le principe est désormais confirmé, ses modalités restent, toutefois, à définir. Le format des discussions, la liste des participants, l’ordre du jour et le calendrier des travaux n’ont pas encore été précisés.
Le chef de l’État a néanmoins fixé un préalable : la mise en conformité des partis politiques avec la nouvelle législation régissant leur fonctionnement. Une exigence qui place la réforme du cadre juridique des formations politiques au cœur du processus de concertation.
Une promesse renouvelée
L’idée d’un dialogue national avait été officiellement annoncée lors de la prestation de serment du président Tebboune pour son second mandat. En 2024, il avait déjà réuni, au Centre international des conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, les responsables des partis représentés dans les assemblées élues nationales et locales.
Cette rencontre, qui avait rassemblé 27 dirigeants de partis, constituait la première étape d’un cycle de consultations consacré à la situation politique du pays, aux défis internationaux et aux perspectives de réformes. À cette occasion, le président avait plaidé pour un dialogue «profond et inclusif», destiné à consolider les droits fondamentaux, à renforcer le front intérieur et à préserver la stabilité du pays, loin des tensions et des calculs politiques.
Des consultations déjà engagées
Depuis cette première rencontre, plusieurs consultations ont été organisées, notamment en juillet 2025, avec différents responsables politiques. Les échanges ont porté sur les réformes attendues de la loi sur les partis politiques et du code électoral et les grandes orientations de la future concertation.
Cette annonce intervient également dans un contexte marqué par l’appel lancé par le président Tebboune aux opposants établis à l’étranger, invités à regagner le pays
«sans problèmes», tout en rappelant les limites qu’il entend fixer à l’expression politique.
Dans le même temps, une cinquantaine de personnalités et d’activistes se réclamant de l’opposition ont adressé une lettre au chef de l’État. Ils y réclament notamment des garanties pour leur retour en Algérie, une ouverture du champ politique et médiatique ainsi qu’une révision de certaines procédures judiciaires visant des personnes poursuivies en raison de leurs prises de position.
Restaurer la confiance
Au-delà de son annonce, le futur dialogue national sera jugé sur son contenu et sa capacité à restaurer la confiance entre les différents acteurs politiques. Pour de nombreux observateurs, sa crédibilité dépendra de mesures concrètes favorisant un climat d’apaisement et une réelle ouverture politique.
L’objectif affiché est de bâtir un consensus autour des principales réformes politiques, économiques et sociales, tout en définissant les mécanismes de leur mise en œuvre. La réussite de cette démarche reposera également sur sa capacité à intégrer l’ensemble des sensibilités politiques, y compris celles qui se sont tenues à l’écart des précédents scrutins.
Les partis ayant boycotté les législatives de 2021, notamment le FFS, le RCD et le Parti des travailleurs (PT), suivront avec attention l’évolution de cette initiative. Depuis plusieurs années, ces formations plaident pour une ouverture plus large du champ politique et médiatique et le renforcement du pluralisme.
Le dialogue national pourrait ainsi constituer un rendez-vous déterminant pour redéfinir les relations entre le pouvoir et la classe politique.
La compétence comme critère de sélectionAutre dossier majeur de la rentrée : la formation du prochain gouvernement, attendue après l’installation de la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN).
En l’absence d’une majorité parlementaire clairement dégagée, le président Tebboune a rappelé que la Constitution demeurera son unique référence. «Il y a une majorité présidentielle. Le gouvernement sera ce qu’il doit être au final», a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a surtout insisté sur les critères qui guideront le choix des futurs ministres. Selon lui, la compétence, le réalisme, l’efficacité dans la gestion des affaires publiques et la connaissance des préoccupations des citoyens primeront sur l’appartenance politique.
Concernant la représentation des jeunes et des femmes, Abdelmadjid Tebboune a assuré qu’ils auront toute leur place au sein de la prochaine équipe gouvernementale. Il a, toutefois, précisé que, là encore, la compétence constituera le critère décisif dans la composition du futur Exécutif.
H. Adryen
