Le conseiller en communication de l’ancien président de la Confédération africaine de football (CAF), Hédi Hamel, a considéré que la 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN-2025) comme «la plus catastrophique» dans l’histoire de cette compétition continentale.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, cet expert international des médias et du sport et membre dans plusieurs commissions de la FIFA pendant 27 ans, a estimé que cette édition restera comme «la plus catastrophique» de l’histoire de la CAN, relevant notamment des «manquements graves» dans le corps de l’arbitrage qu’il a qualifié de «calamiteux».
Cet expert, reconnu au plan international, a jugé «incompréhensible» que certains arbitres de la VAR ayant mal accompli leur mission d’observation sur la vidéo, soient désignés pour officier une demi-finale de cette compétition. «Un constat lourd, je ne parle pas de rumeurs, mais des faits de la CAN-2025. C’est un arbitrage hors contrôle ou sous contrôle ?», s’est interrogé le conseiller de l’ancien président de la CAF, le Malgache Ahmed Ahmed.
Le corps arbitral s’est mis à déconstruire cette 35e édition et lui rendre une très mauvaise image. C’est une leçon que la CAF doit bien prendre en compte et impérativement revoir la mission de l’arbitrage africain.
Cette édition de la CAN a été «catastrophique», elle restera une «cicatrice», analyse Hédi Hamel, assurant que le problème «n’est pas ponctuel», mais «structurel.
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Des scandales d’arbitrage sous pression et les manœuvres du Makhzen
La 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations de football a été en effet, marquée par de graves scandales d’arbitrage, entachant le déroulement de la compétition, au cours de laquelle des procédés non réglementaires ont été utilisés afin de favoriser le pays hôte et lui permettre d’accéder aux tours avancés de la compétition, au détriment d’autres sélections, dont l’Algérie.
Cette dernière a, d’ailleurs, saisi la Confédération africaine de football (CAF) ainsi que la Fédération internationale de football (FIFA), après son élimination en quarts de finale face au Nigeria (0-2), consécutive à de graves erreurs d’arbitrage.
Les observateurs s’accordent à dire que l’élimination de la sélection algérienne de la course au titre a été orchestrée en coulisses et exécutée à travers un arbitrage partial et flagrant. A titre d’exemple, une main manifeste dans la surface n’a pas été sanctionnée par un penalty, en plus de cartons distribués sans justification, ayant pesé négativement sur le moral et le rendement des joueurs algériens tout au long de la rencontre, rendant ainsi l’élimination quasi inéluctable.
Selon plusieurs analyses, l’arbitrage s’est appuyé sur une stratégie visant à affaiblir psychologiquement les «Verts» dès le premier quart d’heure du match, en accentuant la pression mentale sur l’équipe, ce qui a affecté l’aspect psychologique, la mise en place tactique et l’efficacité collective.
Un scénario similaire a été observé lors des rencontres du pays organisateur face à la Tanzanie et au Cameroun, où les arbitres ont, à chaque fois, omis de siffler des penalties en faveur des sélections tanzanienne et camerounaise.
Des situations qualifiées par des experts en arbitrage de «scandales honteux», sans précédent dans l’histoire des phases finales de la CAN, illustrant, selon eux, l’ingérence du Makhzen à travers le président de l’instance footballistique nationale et son influence sur le déroulement de la compétition, notamment en matière d’arbitrage.
Une telle situation ne saurait augurer l’organisation d’un football équitable et de compétitions propres, tant un arbitrage défaillant porte atteinte au jeu avant même son coup d’envoi. Plusieurs matchs de cette édition ont ainsi été marqués, contrairement aux précédentes CAN, par des comportements inhabituels et des pratiques suspectes, en particulier de la part des responsables du football du pays hôte.
Corruption dans le football africain
Dans ce contexte, plusieurs médias internationaux, à l’instar des quotidiens britannique The Guardian et français Le Monde, ont révélé des affaires liées à la corruption dans le football africain, notamment en matière d’arbitrage et de mauvaise gouvernance, soulignant l’influence croissante de certaines figures controversées, dont le Marocain Fouzi Lekjaa, dont cette édition aurait mis en lumière l’implication dans des pratiques portant atteinte à l’image du football africain et à l’intégrité du jeu.
Dès lors, des interrogations se posent quant à l’indépendance réelle de la commission d’arbitrage de la CAF, placée sous la pression du pays organisateur, qui recourrait à des moyens illégitimes pour influencer ses décisions et faciliter le parcours de sa sélection, au lieu de privilégier le fair-play et la victoire sur le terrain. Une situation qui donne à penser que la quête du trophée se ferait par la manipulation, la pression et les arrangements, plutôt que par la compétence et le jeu loyal.
Les contours de ce scénario se seraient dessinés très tôt à travers des manœuvres visant à écarter les sélections les plus solides, susceptibles de faire obstacle aux ambitions du pays hôte et de l’empêcher de décrocher un sacre continental longtemps convoité.
Un tel comportement n’est, selon plusieurs observateurs, guère surprenant de la part d’un pays accusé par le passé de recourir à la corruption dans divers forums internationaux, et qui aurait reproduit ces pratiques dans le milieu footballistique africain, en s’appuyant sur des relations jugées douteuses avec des acteurs impliqués dans des affaires de corruption.
R.S
