La fonction de trader constitue désormais un levier stratégique dans la construction d’une économie nationale diversifiée et résiliente.
En adoptant une approche holistique qui combine diversification économique, soutien aux exportateurs, et attractivité des investissements, l’Algérie est persuadée de réduire sa dépendance à la rente pétrolière et construire une économie plus résiliente et durable.
C’est dans cette optique qu’une journée d’information dédiée au métier d’exportateur a été organisée, hier à l’hôtel Sheraton d’Alger, en présence de membres du Gouvernement, d’acteurs économiques, de représentants d’organisation professionnelle, notamment la CAGEX, partie prenante dans l’organisation de cette manifestation économique.
Dans son allocution d’ouverture des travaux, le ministre du Commerce extérieur et de la promotion des exportations, Kamel Rezig qui reste persuadé que «dans 10 ans, le volume des exportations hors hydrocarbures pourrait dépasser celui généré par les hydrocarbures», a notamment mis l’accent sur la revalorisation stratégique du métier de trader. Métier qu’il considère comme «essentiel pour renforcer la présence des produits algériens sur les marchés internationaux et soutenir l’indépendance économique du pays».
Plus explicite, le ministre du secteur des exportations a souligné à ce sujet que «la fonction de trader constitue désormais un levier stratégique dans la construction d’une économie nationale diversifiée et résiliente».
Plus encore, pour Kamel Rezig, le rôle du trader «dépasse le simple cadre commercial». Il s’agit d’une mission nationale qui participe directement à l’effort de développement et de rayonnement économique de l’Algérie».
Dans le même contexte, l’orateur qui a assuré que «l’Etat poursuivra son accompagnement en levant les entraves administratives et logistiques qui freinent encore certaines opérations à l’export», est revenu sur les avancées enregistrées dans ce volet en affirmant que «le nombre d’exportateurs algériens est passé de 800 en 2020 à plus de 2 400 à la fin de l’année 2024, dont 146 entreprises ont réalisé plus d’un million de dollars d’exportations de biens, et 80 opérateurs ont atteint ce seuil dans le domaine des services». Pour ce qui est des exportations hors hydrocarbures, Kamel Rezig, tout en saluant les performances réalisées, a affirmé que celles-ci «ont atteint une moyenne de 5 milliards USD par an au cours des cinq dernières années, avec un record de 7 milliards en 2022». «Les exportations sont la clé de voute de la relance économique», a-t-il soutenu. Une dynamique qui reflète, selon le ministre, la volonté du Gouvernement de réduire la dépendance aux revenus pétroliers et gaziers.
Et de conclure son intervention en insistant sur l’importance de garantir la qualité, la disponibilité et la compétitivité des produits destinés à l’exportation, non sans préciser que «le respect des délais de livraison, consolidera l’image de l’Algérie en tant que partenaire fiable sur la scène internationale».
Des facilitations pour les exportateurs
Pour sa part, le P-dg de la CAGEX, Zohir Laïche a révélé que «la CAGEX a accordé plus de 43 milliards DA à la couverture des exportations». S’exprimant en marge de la signature d’un protocole d’accord entre le ministère du Commerce extérieur et la Compagnie qu’il préside, il a fait savoir que «cet accord vise à renforcer la coopération et à améliorer le cadre de collaboration entre les deux entités, notamment dans le domaine de l’assurance des exportations et de la promotion des échanges commerciaux». Et d’ajouter que «la signature de ce protocole d’accord s’inscrit dans le cadre d’une démarche globale visant à renforcer les échanges commerciaux, faciliter les opérations d’exportation et encourager les entreprises algériennes à exporter davantage». Selon le même responsable, la CAGEX, en tant qu’acteur clé dans le domaine des assurances «offrira un meilleur accompagnement aux exportateurs, réduisant ainsi les risques liés aux transactions commerciales internationales».
L’accord, faut-il le souligner, prévoit, selon Zohir Laïche, «un échange d’informations commerciales relatives aux marchés et aux opérateurs économiques, ce qui permettra aux deux parties de mieux anticiper les tendances du marché et de prendre des décisions éclairées». Avec l’objectif clair de diversification économique et de valorisation des ressources hors hydrocarbures, l’Algérie a déployé une stratégie ambitieuse pour renforcer ses exportations. Une stratégie qui repose sur trois axes principaux : le développement des infrastructures logistiques, la simplification des procédures d’exportation et la création de nouvelles opportunités commerciales.
Ainsi, le Gouvernement place l’exportation au cœur de sa vision de croissance économique.
Ferhat Zafane
