L’armée sioniste a mené, hier à l’aube, une vaste opération aérienne contre plusieurs sites militaires et nucléaires en Iran, ciblant notamment des installations clés à Téhéran, Natanz, Tabriz, Kermanshah et Borujerd.
L’une des principales cibles de cette attaque a été le quartier général central de l’état-major «Khatam al-Anbiya», situé dans la province de Téhéran. Ce centre stratégique, rattaché au Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), coordonne les grandes opérations impliquant les forces armées régulières et les Gardiens de la Révolution. Actif également dans des secteurs civils, il a subi de lourds dégâts.
Le complexe résidentiel «Shahrak Shahid Mahalati», situé dans le quartier nord-est de Mini City à Téhéran et réservé aux membres du CGRI, a également été frappé. Trois bâtiments y ont été détruits, faisant des victimes civiles. Le quartier général du CGRI, en charge de la coordination des forces terrestres, navales, aériennes, de la force Qods ainsi que d’autres unités stratégiques, a également été visé.
La centrale nucléaire de Natanz, principal site d’enrichissement d’uranium en Iran, a été touchée. Ce site hautement sécurisé, qui abrite des milliers de centrifugeuses, produit potentiellement du combustible pour plusieurs ogives nucléaires par an. Des tunnels récemment creusés à grande profondeur pour le protéger n’auraient pas suffi à prévenir les dommages.
L’aéroport de Tabriz, à usage civil et militaire, a été lourdement bombardé. Des images diffusées montrent d’épais nuages de fumée. Selon des sources sionistes, l’infrastructure aurait été entièrement détruite. Le réacteur à eau lourde d’Arak, capable de produire jusqu’à 10 kg de plutonium par an, a également été ciblé. Ce site suscite depuis longtemps l’inquiétude de la communauté internationale quant aux ambitions nucléaires de l’Iran.
L’aviation sioniste aurait aussi éliminé plusieurs hauts responsables militaires iraniens, dont le général Hossein Salami, commandant en chef du CGRI, et le général de division Gholam Ali Rashid, chef du quartier général Khatam al-Anbiya. Le général de corps d’armée Mohammad Baqeri figure également parmi les victimes présumées. Parmi les personnalités scientifiques visées figurent Feridoun Abbasi, ancien président de l’Agence iranienne de l’énergie atomique, Muhammed Mehdi Tehranchi, président de l’université islamique Azad, et Ahmadreza Zolfaqari, ingénieur nucléaire.
Khamenei réorganise l’État-Major
En réponse, le guide suprême Ali Khamenei a procédé à une série de nominations militaires..
L’Iran a qualifié l’attaque sioniste de «déclaration de guerre» et a promis que l’entité sioniste «regrettera son agression». Le président Massoud Pezeshkian a assuré que «la riposte légitime et ferme de l’Iran fera regretter à l’entité sioniste sa folie», appelant la population à se rassembler autour du pouvoir. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU et l’AIEA pour obtenir une condamnation officielle. Une réunion d’urgence du gouvernement iranien est en cours pour coordonner la riposte.
Par ailleurs, Abbas Araghchi a accusé les États-Unis de complicité de l’attaque, affirmant que les frappes «n’auraient pu être menées sans coordination ni autorisation américaines». Washington, selon Téhéran, «porte la responsabilité des graves conséquences de cette aventure». Le ministère invoque l’article 51 de la Charte des Nations unies pour justifier une riposte, assurant que les forces armées iraniennes «défendront la nation avec toute leur puissance».
Le porte-parole de l’état-major, Abolfazl Shekarchi, a promis une «réponse forte», assurant que l’entité sioniste «paiera un lourd tribut». La radio iranienne évoque une riposte potentielle dans les prochaines heures, avec le possible lancement de «centaines de missiles balistiques». Le commandement du front intérieur a demandé à la population de rester en permanence proche des abris. Dans le même temps, l’agence Fars a rapporté que le drapeau rouge de vengeance a été hissé sur la mosquée Jamkaran à Qom, un symbole chiite d’une riposte imminente. Selon l’analyste Fayez, ce geste indique clairement que l’Iran a décidé de se venger. Le correspondant d’Al Jazeera à Téhéran, Nour Eddine Al-Daghir, a précisé que cette levée, qui précède habituellement les funérailles, signifie que des préparatifs opérationnels sont en cours à tous les niveaux militaires et logistiques.
Enfin, cette offensive sioniste intervient dans un contexte de fortes tensions entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou. Le président américain avait exhorté l’entité sioniste à attendre la fin des négociations nucléaires en cours. Quelques heures avant l’attaque, il déclarait : «Cela pourrait tout gâcher… ou peut-être aider, mais cela risque surtout de tout compromettre.» Washington a depuis évacué ses diplomates d’Irak et autorisé les familles de militaires à quitter certaines zones sensibles. La réunion prévue, demain, à Mascate entre négociateurs américains et iraniens semble désormais compromise.
Assia M.