L’intérêt des grands groupes allemands pour le marché algérien se confirme à l’issue de la rencontre, hier, entre le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le ministre fédéral allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, accompagné d’une importante délégation économique représentant plusieurs entreprises allemandes de premier plan.
Cette rencontre traduit la volonté de l’Algérie et de l’Allemagne de renforcer leur partenariat économique et énergétique et d’élargir leur coopération à de nouveaux domaines industriels et technologiques. Une réunion tenue en présence de responsables du secteur des hydrocarbures et de Sonatrach, de représentants de Bosch Energy, ThyssenkruppUhde, VNG, Siemens Energy et VDA.
Les échanges ont porté sur les perspectives de coopération dans les hydrocarbures, notamment le pétrole et le gaz, mais aussi dans l’ingénierie, les infrastructures et la fabrication locale d’équipements industriels. Le dessalement de l’eau de mer figure également parmi les secteurs présentant des opportunités de coopération.
Les deux parties ont, par ailleurs, examiné les possibilités de renforcer les échanges dans la commercialisation du gaz naturel et du gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que le déploiement de technologies bas carbone dans l’industrie pétrolière et gazière.
Hydrogène vert et équipements industriels
L’hydrogène vert et l’ammoniac vert occupent une place centrale dans cette nouvelle dynamique. Les discussions ont porté sur les projets développés par Sonatrach, en coordination avec le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, ainsi que sur la possibilité de produire localement les équipements nécessaires, notamment les électrolyseurs.
La formation spécialisée, l’assistance technique, le transfert de technologies et de savoir-faire et le renforcement des capacités algériennes figurent également parmi les principaux axes envisagés.
La réduction, la gestion et la récupération des émissions de méthane ont également été abordées. Les deux pays souhaitent identifier des projets communs dans ce domaine et renforcer le contenu local à travers une meilleure intégration des compétences et des capacités industrielles algériennes. En ce sens, Mohamed Arkab a souligné l’importance de l’expertise allemande pour concrétiser les projets prioritaires du secteur, notamment dans la pétrochimie, où l’Algérie souhaite tirer davantage profit des technologies et du savoir-faire allemands. Il a également assuré que le secteur était prêt à accompagner les entreprises allemandes désireuses d’investir en Algérie.
Un partenaire énergétique stratégique
Johann Wadephul a, de son côté, mis en avant le rôle stratégique de l’Algérie comme partenaire énergétique fiable de l’Allemagne. Il a souligné l’intérêt des entreprises allemandes à renforcer leur présence en Algérie et à participer à des projets structurants, notamment dans le cadre du SoutH2 Corridor consacré à l’hydrogène.
À l’issue de la rencontre, Alger et Berlin ont réaffirmé leur volonté d’approfondir leur partenariat. L’objectif est, désormais, de transformer cet intérêt en investissements et projets concrets, à travers le transfert de technologies, la formation et le développement d’une coopération industrielle durable.Une dynamique qui pourrait ainsi faire évoluer progressivement le partenariat algéro-allemand, d’une relation principalement énergétique vers une coopération industrielle et technologique plus large.
Sécurité énergétique: L’Allemagne compte sur l’aide de l’Algérie
Face à des stocks de gaz remplis à moitié seulement, l’Allemagne cherche de nouveaux fournisseurs avant l’hiver. En visite à Alger, le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, a qualifié l’Algérie de «partenaire fiable» et estimé que son gaz pourrait contribuer à la sécurité énergétique de l’Europe.
L’Algérie fournit déjà l’Italie et l’Espagne. Même sans gazoduc direct avec l’Allemagne, des volumes supplémentaires pourraient transiter par le réseau gazier européen. Bien que l’Allemagne ne dispose pas de gazoduc direct avec l’Algérie, du gaz algérien supplémentaire pourrait atteindre le marché allemand via les réseaux européens et les interconnexions avec l’Italie et l’Espagne. Berlin vise 70% de remplissage début novembre, un objectif jugé difficile à atteindre.
S.R.
