Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle, le ministère de la Justice, en collaboration avec le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), a organisé, hier, une journée d’étude consacrée à la langue amazigh dans le système judiciaire national.
Cette journée d’étude, tenue à l’École supérieure de la magistrature de Koléa, dans la wilaya de Tipasa, s’est déroulée sous le thème «La langue amazigh dans le système judiciaire national : vers l’intégration de l’amazigh dans la pratique judiciaire et professionnelle».
Lors de son intervention à cette occasion, le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, a expliqué que l’intégration de la langue amazigh dans le secteur de la justice constitue un choix souverain et civilisationnel, renforçant la confiance entre le citoyen et les institutions et consacrant la notion de justice comme un service public efficace et accessible.
Pour le ministre, l’intégration de la langue amazigh n’est pas une revendication symbolique, mais une consécration constitutionnelle et culturelle, qui renforce l’unité nationale. Il a souligné qu’une justice qui s’adresse au citoyen dans sa propre langue est une justice plus proche et plus juste, et qu’une administration qui interagit avec la diversité linguistique est une administration mieux adaptée à sa réalité sociale et culturelle.
Réflexion sur les termes juridiques et judiciaires en langue amazigh
Le ministre a également évoqué la réflexion en cours sur l’établissement d’un ensemble national de termes juridiques et judiciaires en langue amazigh, en tenant compte de sa diversité linguistique. Selon lui, cela permettrait de définir des valeurs communes et de garantir l’efficacité de la fonction publique, tout en facilitant l’accès des citoyens à un service de justice équitable, conforme à l’identité nationale.
«La conception de ce complexe vise à consacrer la langue amazigh dans la pratique judiciaire et professionnelle comme un outil de communication efficace et de protection juridique», a ajouté le ministre.
Il a précisé que ce complexe ne se limiterait pas seulement à faciliter les procédures judiciaires, mais jouerait également un rôle dans la dimension scientifique et la formation des professionnels du droit. Il serait aussi un moyen de garantir la protection et la promotion de la langue amazigh, dans l’objectif d’assurer un service public efficace et performant.
Des perspectives pour l’avenir de la formation en droit
Le ministre de la Justice a également souligné que ce complexe ouvrirait la voie à des perspectives prometteuses pour des formations universitaires spécialisées destinées aux chercheurs et aux professionnels du droit, dans le but de parvenir à des installations judiciaires adaptées et à renforcer la confiance des citoyens dans leurs institutions étatiques.
En définitif, le ministre a indiqué que «nous ne construisons pas une politique linguistique et judiciaire pour un présent éphémère, mais nous instituons une vision nationale pour une langue judiciaire qui s’adresse à tout le monde».
Le rôle de la traduction judiciaire
Le programme de cette manifestation a couvert plusieurs axes fondamentaux, notamment «le rôle de la traduction judiciaire comme mécanisme garantissant les conditions d’un procès équitable», ainsi que «les expériences de terrain et les défis pratiques liés à l’usage de la traduction lors des audiences judiciaires». Les travaux ont réuni un panel d’universitaires, de magistrats, d’experts et de traducteurs, afin d’enrichir le débat et d’échanger les expériences sur les moyens de consolider la justice linguistique au sein du système judiciaire.
R.N
