Une délégation de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), conduite par son président Jin Liqun, a effectué, du 19 au 21 octobre, une visite de travail en Algérie, au cours de laquelle plusieurs rencontres avec des membres du gouvernement ont eu lieu.
Accueilli successivement par le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, ainsi que le ministre des Transports, Saïd Sayoud, le président de la banque asiatique a pu mesurer l’ampleur des projets structurants engagés par l’Algérie.
Lors de la rencontre avec le ministre des Finances, la délégation de l’AIIB a pris connaissance des grandes orientations économiques du pays ainsi que des réformes engagées pour renforcer la croissance et la résilience de l’économie nationale. Avec le ministre des Hydrocarbures et des Mines, les discussions ont porté sur les moyens de renforcer la coopération à travers le financement de grands projets dans plusieurs domaines, notamment les hydrocarbures, les mines et le dessalement de l’eau de mer.
Le financement des projets structurants a également été au centre des autres rencontres de la délégation. Dans le domaine des énergies renouvelables et de l’infrastructure énergétique, les représentants de la banque ont examiné avec Mourad Adjal les possibilités de financement de projets stratégiques à fort impact économique. Le ministre a présenté, à cette occasion, les avancées du programme national de diversification énergétique, qui prévoit la production de 15 000 mégawatts à partir de ressources renouvelables.
Par ailleurs, l’exposé sur le développement du réseau ferroviaire national, présenté par Abdelkader Djellaoui, a retenu l’attention de la délégation, qui a salué la clarté et l’ambition de la stratégie algérienne. Celle-ci a été jugée parfaitement alignée avec les priorités de la BAII, à savoir la connectivité régionale, la durabilité environnementale et l’impact socio-économique.
Face à cette dynamique, la délégation de la banque asiatique a exprimé son intérêt pour accompagner les futurs projets algériens dans les secteurs clés, rappelant que l’Algérie a été parmi les premiers pays à rejoindre l’AIIB dès sa création — preuve d’une relation fondée sur la confiance et la vision partagée d’un développement équilibré.
Mobiliser des financements
Dans un paysage économique en pleine mutation, où les besoins en infrastructures et en ressources sont croissants, mobiliser des financements externes pour soutenir de grands projets structurants apparaît plus que nécessaire. C’est dans cette optique que l’Algérie entend renforcer ses relations avec l’ensemble des banques de développement et institutions multilatérales actives sur la scène internationale.
La Banque africaine de développement (BAD), la Nouvelle Banque de développement des BRICS et l’AIIB figurent ainsi parmi les partenaires financiers potentiels les plus importants de l’Algérie.
Des intérêts convergents
La visite de l’AIIB en Algérie traduit avant tout une convergence d’intérêts et de vision entre un pays engagé dans une stratégie de long terme visant à bâtir des infrastructures résilientes, et une banque d’investissement cherchant à renforcer sa présence dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
Basée à Pékin, l’AIIB est une banque multilatérale de développement créée en janvier 2016, dotée d’un capital social de 100 milliards de dollars et regroupant 105 États membres. Sa mission est d’investir principalement dans les infrastructures durables ainsi que dans les secteurs productifs de ses pays membres.
Saïd S.
