Le dispositif de prise en charge des conséquences des récents incendies se renforce dans les wilayas touchées.
Sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, plusieurs secteurs ont intensifié leurs interventions pour recenser les dégâts, accompagner les familles sinistrées, indemniser les agriculteurs et rétablir les infrastructures endommagées. La wilaya de Jijel, particulièrement affectée, concentre une importante partie des opérations.
La mobilisation des pouvoirs publics s’intensifie dans les zones frappées par les incendies. Au lendemain des instructions présidentielles visant à assurer une prise en charge rapide et complète des conséquences de la catastrophe, plusieurs départements ministériels ont renforcé leurs dispositifs d’intervention, tandis que les autorités locales multiplient les opérations de terrain.
De l’accompagnement social au rétablissement des routes, en passant par l’évaluation des pertes agricoles et la sécurisation des réseaux de télécommunications, l’action engagée se veut multisectorielle. La priorité est désormais d’accélérer le recensement des dommages, d’identifier les besoins des populations et de rétablir les conditions normales de vie dans les zones affectées.
Une présence accrue auprès des sinistrés
Le secteur de la solidarité nationale est au premier plan de cette opération. La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a réuni, hier, par visioconférence, les directeurs de l’action sociale et de la solidarité des wilayas, afin d’évaluer l’état d’avancement de la prise en charge et d’adapter les moyens mobilisés à l’évolution de la situation.
La ministre a instruit ses services de participer activement au recensement et à l’évaluation des dégâts, tout en renforçant la présence des équipes sur le terrain. À Jijel, 119 cellules de proximité sont mobilisées pour aller à la rencontre des familles sinistrées, y compris dans les zones montagneuses, enclavées et difficiles d’accès.
La prise en charge ne se limite pas aux besoins matériels. Un accompagnement psychologique et social est assuré aux personnes et familles touchées, dans les centres d’accueil comme à domicile. Une attention particulière est accordée aux enfants, aux personnes âgées, aux personnes aux besoins spécifiques ainsi qu’aux personnes blessées lors des incendies.
Le ministère entend également renforcer la coordination avec les autorités locales et les différents intervenants afin d’organiser le recensement des besoins et d’assurer l’acheminement des aides et dons en nature vers leurs bénéficiaires.
Recenser les pertes agricoles avant l’indemnisation
Dans les zones rurales, l’évaluation des dégâts agricoles constitue une autre priorité. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche maritime a tenu hier une réunion de travail avec les cadres centraux et locaux du secteur pour suivre l’avancement des opérations de recensement.
Les responsables des services agricoles et les conservateurs des forêts des wilayas touchées ont fait le point sur les opérations menées sur le terrain et les moyens engagés.
Le ministre a notamment ordonné le renforcement des wilayas sinistrées, avec une attention particulière pour Jijel, afin d’accélérer l’évaluation des pertes. Les opérations concernent notamment le cheptel, les volailles, les ruches et les plants d’arbres fruitiers détruits ou endommagés.
L’ensemble de ces données doit servir de base à la préparation des indemnisations au profit des agriculteurs et des éleveurs victimes des incendies, conformément aux délais fixés par les autorités.
Les routes au cœur de l’urgence
Sur le front des infrastructures, le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base a engagé des opérations d’urgence pour réparer les axes routiers affectés par les incendies.
Une réunion présidée lundi par le ministre Abdelkader Djellaoui a permis de définir les interventions prioritaires, notamment dans la wilaya de Jijel. Les entreprises du secteur doivent mobiliser leurs moyens, avec le renfort des équipements des directions des travaux publics de Constantine, Sétif et des wilayas limitrophes.
Les travaux concernent notamment les chaussées et les talus fragilisés par les incendies. La réhabilitation de la signalisation routière horizontale et verticale figure également parmi les opérations prévues.
Des cadres centraux du ministère seront dépêchés sur le terrain afin de renforcer les équipes, coordonner les interventions et suivre directement l’avancement des travaux. L’objectif affiché est de finaliser les opérations prioritaires au début de la semaine prochaine.
Anticiper les prochaines crises
La réponse des pouvoirs publics ne concerne pas uniquement les dégâts déjà enregistrés. Le secteur de la Poste et des Télécommunications travaille également à renforcer les capacités de réaction en cas de nouvelles catastrophes.
Le ministre Sid Ali Zerrouki a ordonné la constitution d’un stock de réserve de stations mobiles et de moyens de soutien technique pour permettre un rétablissement rapide des communications en cas de perturbation.
Un système informatique unifié doit également être conçu afin de suivre l’ampleur des dégâts, mesurer le rythme du rétablissement des services et faciliter la coordination des interventions.
Autre dispositif appelé à être accéléré : le «Cell Broadcast», destiné à permettre l’envoi rapide d’alertes aux citoyens présents dans les zones exposées aux catastrophes et aux risques majeurs.
Une réponse qui se veut globale
Sur le terrain, les autorités locales poursuivent les réunions de coordination et les sorties dans les zones sinistrées. Le recensement des dégâts, l’identification des besoins, l’organisation de l’aide et la remise en état des infrastructures constituent les principaux volets de cette opération.
La mobilisation touche ainsi plusieurs secteurs simultanément, avec un même objectif : répondre rapidement aux besoins des populations sinistrées et accélérer le retour à la normale.
Au-delà de l’urgence, les instructions données aux différents secteurs traduisent également la volonté de renforcer les mécanismes de prévention et de préparation face aux catastrophes, afin que la réponse ne se limite plus à la gestion des conséquences, mais repose davantage sur l’anticipation, la coordination et la rapidité d’intervention.
I. Khermane
