Rien qu’à bien regarder et «lire» la fameuse affiche appelant aux manifestations, ce vendredi en Algérie, très mal et sûrement dans l’urgence conçue, d’ailleurs, l’on comprend aisément son origine : le Makhzen.
À chaque fois que le Royaume est ébranlé, fait face à des crises internes, la fuite en avant est adoptée par le Makhzen dont la stratégie est aujourd’hui désormais connue de tous. Sa cible ? L’Algérie, bien évidemment. Depuis les attentats de Marrakech de 1994, le Makhzen qui croyait «achever» l’Algérie qui faisait alors face toute seule au terrorisme aveugle, n’a jamais gobé le fait qu’elle s’en est remise depuis et a tracé désormais sa voie grâce à la mobilisation de ses institutions et de ses citoyens, notamment les jeunes. C’est à travers ces derniers que le Makhzen veut rebondir pour porter atteinte encore une fois à l’Algérie qui a souvent fait le dos rond sans pour autant perdre sa vigilance. Dans un long commentaire, l’Agence de presse algérienne officielle (APS) a bien détaillé les visées du Royaume aujourd’hui carrément au bord de l’explosion. «Les appels à manifester en Algérie, annoncés pour le vendredi 3 octobre par un collectif se présentant sous l’appellation «GenZ 213», et largement amplifiés par certains médias marocains ainsi que par le collectif «GenZ 212», ne relèvent pas de simples revendications sociales.
Ils s’inscrivent dans une stratégie politique visant à projeter vers l’extérieur les tensions marocaines et à affaiblir la cohésion nationale algérienne», tranche l’APS dans son commentaire à propos de cet étrange appel. Un appel d’ailleurs tourné en dérision par la blogosphère algérienne et les influenceurs et autres citoyens très actifs sur les réseaux sociaux qui n’ont pas tardé à y déceler des «erreurs de débutants». Rien qu’à bien regarder et «lire» la fameuse affiche appelant aux manifestations, ce vendredi en Algérie, très mal et sûrement dans l’urgence conçue, d’ailleurs, l’on comprend aisément son origine : le Makhzen. Commentant le faux appel, les internautes algériens soulignent que l’Algérien fabrique de l’original et ne fait jamais dans «l’imitation», comme c’est le cas pour ce document écrit dans un arabe loin d’être algérien. «On ne dit pas ‘balagh’ en arabe pour communiqué mais ‘bayan’», relève un internaute ajoutant : «on ne dit pas non plus de ‘salat adohr’ pour la prière de vendredi. On ne dit pas dans nos contrées ‘les élites dirigeantes’ mais ‘le système ou encore le pouvoir’». Même les couleurs utilisées pour la fameuse affiche flanquée du sigle GenZ 213, n’ont rien à voir avec celles pleines de vitalité utilisées par les Algériens (notamment le vert et le rouge du drapeau national). «À celui qui a fait l’affiche : ton goût est répugnant, ça se voit que c’est du ‘kavi’ et du vulgaire. Tes couleurs, noir, rouge, vert, blanc, ça fait Bangladesh», résume un autre internaute DZ.
Vigilance
C’est dire, le degré de vigilance qui anime la jeunesse algérienne bien que parfois critique mais soucieuse de préserver l’intégrité du territoire. Une jeunesse aujourd’hui tournée vers l’avenir et comptant sur ses capacités et son réservoir inépuisable de compétences pour bâtir une Algérie meilleure. La période des vaches maigres relève désormais du passé. La comparaison que voulait donc vainement faire avaler le makhzen est « trompeuse». Contrairement à son voisin, «l’Algérie repose sur un modèle d’Etat social qui, malgré les défis, continue d’assurer des filets de protection solides: subventions généralisées, aides aux familles, accès gratuit aux soins et à l’éducation. Ces mécanismes constituent un socle de justice sociale qui protège les couches les plus vulnérables et réduit la précarité », relève à juste titre l’APS dans son commentaire citant les acquis de l’Algérie dans tous els domaines (santé, éducation, économie…). «Loin d’être un modèle de façade, l’Etat social algérien constitue un rempart concret contre la marginalisation et la pauvreté, et un gage de cohésion nationale. Autant d’acquis qui distinguent l’Algérie de son voisin marocain, où les inégalités s’aggravent et où l’essentiel des richesses reste accaparé par une minorité », commente l’APS relevant que « la stratégie de manipulation ne s’arrête pas aux revendications sociales». Les réseaux impliqués «injectent des thématiques sociétales étrangères aux traditions et aux valeurs des sociétés maghrébines, afin de brouiller les repères et de détourner les jeunes des véritables enjeux», relève le rédacteur du commentaire non sans relever que «cette entreprise de manipulation culturelle est d’autant plus pernicieuse qu’elle exploite les canaux modernes de communication pour cibler la jeunesse connectée».
«Ce choix n’est pas anodin : il vise à séduire les jeunes par une référence ludique et populaire, pour mieux camoufler des agendas politiques étrangers», tanche encore l’APS jugeant qu’ «avec cette manipulation, le Maroc et certains de ses relais régionaux tentent, par des actions désespérées, de déstabiliser les deux pays les plus stables du Maghreb : l’Algérie et la Tunisie».
A.I.
