Cette visite, le premier déplacement du chef de l’Etat en Espagne depuis son élection en décembre 2019, intervient dans un contexte où l’Algérie souhaite réaffirmer son rôle de partenaire fiable et stratégique pour l’Espagne, notamment sur les questions économiques et migratoires.
Séisme à l’Élysée. Paris est sens dessus dessous. Emmanuel Macron hébété. Et pour cause! Alors que la tension avec la France a atteint un niveau sans précédent depuis l’indépendance de l’Algérie, le président de la République Abdelmadjid Tebboune devrait mettre les voiles direction l’Espagne. En effet, le journal espagnol «The Objective» a révélé, dans son édition d’hier, une visite du président de la République Abdelmadjid Tebboune à Madrid durant le mois de décembre en cours, et ce, immédiatement après la tenue du sommet de haut niveau entre l’Espagne et le Maroc prévu aujourd’hui et demain à Madrid. Le chef de l’exécutif espagnol prévoit de recevoir à Madrid le Président Tebboune, en décembre, juste après la XIIIe Réunion de Haut Niveau avec son homologue marocain, Aziz Ajanuch, qui se tiendra ce mercredi et jeudi à Madrid», note la publication citant des sources diplomatiques. En prélude à cette visite, le gouvernement espagnol devait approuver, hier, en Conseil des ministres la nomination de Ramiro Fernández Bachiller, en tant que nouvel ambassadeur d’Espagne en Algérie, en remplacement de Fernando Morán Calvo-Sotelo, ayant fait valoir ses droits à la retraite. Le média y voit un signal de Madrid visant à dépasser la crise née en 2022 du soutien espagnol à la thèse marocaine sur le Sahara occidental, qui avait entraîner la suspension du traité d’amitié, le gel des échanges et un recul brutal des exportations espagnoles vers l’Algérie. En somme, la nomination de Ramiro Fernández Bachiller se veut une étape préalable à l’annonce officielle de la visite de Tebboune en Espagne et une étape symbolique dans la stabilisation des relations algéro-espagnoles. Une visite qui aurait été au centre de l’entretien entre le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, et son homologue espagnol, José Manuel Albares, en marge des travaux du Sommet du G20. Une rencontre ayant permis de passer en revue les relations de partenariat et de coopération entre les deux pays et d’échanger les vues et les analyses sur les développements de la situation en Méditerranée et dans la région sahélo-saharienne. D’autant que les deux pays cherchent à normaliser progressivement leurs relations après plusieurs années de tensions diplomatiques et économiques.
Une première depuis vingt-ans
Certes, pour l’heure aucune information n’a filtré du côté algérien. Néanmoins, dans le cas où l’information s’avère vraie, cette visite, qui marquera le premier déplacement du Président Tebboune en Espagne depuis son élection en décembre 2019, intervient dans un contexte où l’Algérie souhaite réaffirmer son rôle de partenaire fiable et stratégique pour l’Espagne, notamment sur les questions économiques et migratoires. Préparée au «plus haut niveau» selon des sources médiatiques espagnoles, cette visite s’inscrit dans l’effort de Madrid afin d’atteindre un équilibre délicat dans ses relations avec Rabat et Alger. Dans ce contexte, le gouvernement espagnol tente de rétablir la confiance en améliorant les échanges politiques et économiques avec les deux parties, après des années de tensions suite au changement de position de l’Espagne en faveur de l’initiative d’autonomie proposée par Rabat pour le Sahara.
Des relations économiques à reconstruire
La visite du Président Tebboune en Espagne devrait permettre de relancer effectivement les échanges commerciaux après un dégel progressif sur le plan économique, après une crise de 28 mois. Une crise ayant coûté aux entreprises espagnoles environ 3,2 milliards d’euros de pertes, en raison de l’effondrement des exportations vers l’Algérie entre 2021 et 2023. Parallèlement, la coopération sécuritaire et migratoire a été relancée. En témoigne la visite à Alger, en octobre dernier, du ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande Marlaska Gomez, qui a été reçu en audience par le Président Tebboune. Une certitude, Paris attendra. Pour l’instant, les priorités sont ailleurs.
Badis B.
