Le président Tebboune a choisi de maintenir en poste les principaux ministres (ministères régaliens), tout en introduisant des nouveautés, et pas des moindres.
La nouvelle équipe est moins nombreuse que la précédente. Le nouveau gouvernement compte 34 membres, au lieu de 38 entre ministres d’Etat, ministres, ministres délégués et secrétaires d’Etat. En consolidant les équipes gouvernementales et en réorganisant certains ministères, le gouvernement algérien affiche une ambition claire : moderniser l’économie et dynamiser les secteurs clés. Ce remaniement est essentiel pour faire face aux enjeux de diversification économique, de réformes sociales et de sécurisation des frontières, tout en consolidant la position internationale du pays. Le remaniement ministériel a été marqué par plusieurs changements notables, tout en assurant la continuité au sein de certains ministères stratégiques. Certains portefeuilles ministériels ont été réaménagés afin d’aligner l’action gouvernementale sur les priorités stratégiques actuelles. Ce remaniement a surpris tout le monde de par son ampleur et sa dimension, histoire de redonner un nouveau souffle. D’abord de par son ampleur. Onze nouveaux ministres ont fait leur entrée dans le gouvernement Sifi Ghrieb qui a succédé à Nadir Larbaoui. Ensuite par les tâches qui leur sont assignées.
Ce remaniement a une portée plus grande puisque le besoin d’un changement s’est fait sentir depuis plusieurs jours. La nouvelle équipe gouvernementale compte 34 ministres, dont dix nouveaux, et trois secrétaires d’Etat. Quelques-uns ont sauté à l’exemple de Youcef Cherfa, du département de l’Agriculture brocardé récemment par Bengrina, Tayeb Zitouni du Commerce, Lakhdar Rekhroukh de l’Hydraulique, Zouhir Ballalou de la Culture, Mohamed Meziane de la Communication et de Faycal Bentaleb du ministère du Travail et des Affaires sociales. Ce dernier a peut être payé pour sa négligence dans le versement de la dernière tranche de la revalorisation de la retraite. Une seule ministre a fait son retour : il s’agit de Mme Bendouda à la Culture puisqu’elle a déjà occupé ce poste auparavant.
Du sang neuf
Les onze nouveaux ministres qui ont fait leur entrée au gouvernement sont Mourad Adjal, ancien PDG du groupe Sonelgaz, ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Amel Abdellatif, ancien DG des impôts, ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Yahia Bachir, ministre de l’Industrie, Abdelkader Djellaoui, ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, précédemment président du Conseil scientifique de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, ministre de la Santé, Zoheir Bouamama, qui occupait le poste de conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires politiques et des relations avec la jeunesse, la société civile et les partis politiques, ministre de la Communication, Abdelmalek Tacherift, ancien membre du Conseil de la nation, ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Nacima Arhab, a été directrice des incubateurs au ministère de l’Économie de la connaissance, puis SG du même département, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Malika Bendouda, ministre de la Culture et des Arts, et Mohamed Abdenour Rabehi, ministre, wali d’Alger. Le wali d’Alger promu au rang de ministre aura ainsi les coudées franches pour moderniser la capitale. A travers son département ministériel, un budget conséquent lui sera attribué lors de la prochaine loi de Finances pour achever le plan de modernisation de la ville d’Alger, chose qu’il n’a pu faire auparavant.
En effet, des blocages administratifs l’ont empêché de mener à bien sa mission. Ainsi, il aura toute latitude de s’adresser au Premier ministre ou au chef de l’Etat lors des Conseils des ministres pour exposer ses problèmes ou ses préoccupations. Par ailleurs, aucun changement n’est intervenu à la tête des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de l’Education nationale, de l’Industrie pharmaceutique, du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, du Tourisme et de l’Artisanat, de la Poste et des Télécommunications, de l’Hydraulique, de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, des Sports, des Affaires religieuses et des Wakfs, et de la Jeunesse, les mêmes ministres conservant leurs portefeuilles respectifs. Les portefeuilles des Affaires étrangères (Ahmed Attaf) et de la Justice (Lotfi Boudjemaa) sont inchangés, le général de corps d’armée Saïd Chanegriha. Saïd Sayoud, a été nommé à la tête du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, tandis que Yacine El Mahdi Oualid, qui était ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, a été nommé ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, en remplacement de Youcef Cherfa. L’énergie a été séparée des hydrocarbures : Mohamed Arkab conserve le ministère des hydrocarbures et des mines tandis que Mourad Adjal a été nommé ministre de l’énergie et des énergies renouvelables.
Saïd Sayoud, précédemment ministre des transports, garde ce portefeuille mais devient également ministre de l’intérieur. Une nouvelle fonction a été créée pour l’ancien ministre de l’intérieur, Brahim Merad, désormais ministre d’Etat chargé de l’inspection des services de l’Etat et des collectivités locales, un portefeuille nouvellement créé. Enfin, Sifi Ghrieb sera chargé en premier lieu de préparer la loi de finances 2026 et son programme de politique générale qu’il devra présenter au Parlement avant la fin de l’année en cours.
Mahmoud Tadjer
