La question palestinienne s’est une nouvelle fois invitée au cœur de l’actualité diplomatique à Alger. Hier, le secrétaire général du Rassemblement National Démocratique (RND), Monder Bouden, a reçu au siège national du parti Faïz Abou Aïta, ambassadeur de l’État de Palestine en Algérie. Une rencontre placée sous le sceau de la solidarité et de la coordination politique, dans un contexte marqué par l’escalade dramatique de la violence dans les territoires palestiniens occupés.
Dès l’ouverture de la rencontre, l’ambassadeur a félicité Bouden pour son élection récente à la tête du RND, lui souhaitant réussite et succès dans la conduite de ses nouvelles responsabilités. Mais très vite, l’échange s’est tourné vers la situation alarmante en Palestine. Faïz Abou Aïta a dressé un tableau sombre des «massacres inédits dans l’histoire de l’humanité» perpétrés par l’occupation sioniste depuis près de deux ans. Il a évoqué la destruction systématique des infrastructures de vie à Ghaza, le blocus total imposé à deux millions d’habitants, la privation d’aide humanitaire, et l’utilisation de la famine comme arme de guerre.
Une solution politique claire et sans détour
Le diplomate a dénoncé une politique de «destruction méthodique» visant à déraciner le peuple palestinien de sa terre. «Ce qui se déroule en Palestine, et plus particulièrement à Ghaza, constitue un massacre et un génocide», a-t-il rappelé, en citant les propos du président Abdelmadjid Tebboune lors de son discours d’ouverture de la Foire du commerce intra-africain (IATF). Il a insisté sur le fait que toute solution en dehors de la création d’un État palestinien dans le cadre des frontières de 1967 «ne serait qu’une perte de temps». L’ambassadeur palestinien a également mis en avant le rôle diplomatique actif de l’Algérie sur la scène internationale, saluant son engagement constant en faveur de la cause palestinienne. À ses yeux, Alger a su utiliser le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU comme tribunes pour «déconstruire la narration sioniste» et mobiliser un soutien grandissant à la reconnaissance de l’État palestinien. Il a rappelé que ce combat politique se poursuivra à l’occasion de la conférence des Nations unies prévue le 22 septembre prochain à New York, rendez-vous considéré comme décisif pour l’avenir diplomatique de la Palestine.
De son côté, le secrétaire général du RND a réaffirmé l’attachement indéfectible de son parti, de ses militants et du peuple algérien à la cause palestinienne, reprenant la ligne défendue par l’État algérien sous la direction du président Tebboune. Monder Bouden a dénoncé «l’incapacité flagrante de la communauté internationale à contraindre l’occupation sioniste à mettre fin à ses massacres», tout en appelant à investir dans la vague de solidarité mondiale et la «conscience éveillée des peuples» pour renforcer la lutte palestinienne.
Le responsable politique a souligné que l’Algérie poursuivra son action diplomatique, que ce soit au Conseil de sécurité, à l’Assemblée générale ou dans d’autres instances internationales. Selon lui, les initiatives algériennes ont déjà donné «un nouvel élan à la cause palestinienne», la rapprochant d’une reconnaissance historique attendue lors de la prochaine conférence onusienne.
Cette rencontre illustre la profondeur des liens entre l’Algérie et la Palestine, une relation enracinée dans l’histoire et cimentée par un soutien populaire constant. Depuis l’indépendance, Alger a fait de la défense de la cause palestinienne une priorité diplomatique, s’opposant fermement à toute tentative de marginalisation ou de remise en cause des droits légitimes du peuple palestinien.
Alors que le conflit s’intensifie et que la communauté internationale peine à imposer une solution juste, l’Algérie confirme sa volonté de rester en première ligne, en alliant diplomatie, solidarité et mobilisation politique. À travers la voix de ses responsables politiques et diplomatiques, elle continue de marteler une conviction inébranlable : la cause palestinienne n’est pas une affaire régionale, mais bien une question universelle de justice, de dignité et de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
A.M.
