L’Algérie a traité la demande allemande avec respect et sérénité, privilégiant le dialogue et la dimension humanitaire.
Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décidé de répondre favorablement à la demande de Frank-Walter Steinmeier, Président de la République fédérale d’Allemagne, sollicitant la grâce en faveur de l’écrivain et intellectuel Boualem Sansal. Selon le communiqué de la Présidence de la République, conformément à l’article 91, alinéa 8, de la Constitution et après consultation des instances légales compétentes, cette décision a été motivée par la dimension humanitaire de la requête et l’enjeu diplomatique qu’elle représente. Boualem Sansal, connu pour ses positions critiques et son engagement intellectuel, était incarcéré depuis une année, suite à des accusations liées à ses écrits et à ses prises de position et propos offensant envers l’Algérie. La justice algérienne l’avait condamné à 5 ans de prison. L’État allemand prendra désormais en charge son transport et ses soins médicaux, dans un geste qui souligne la coopération humanitaire entre les deux nations, d’après le communiqué.
Cet événement met en lumière la souveraineté affirmée de l’Algérie dans ses décisions diplomatiques et judiciaires. Contrairement à certaines pressions exercées par la France, l’Algérie a fait preuve d’indépendance. Ces derniers mois, la France a multiplié les mesures de rétorsion à l’encontre des citoyens et diplomates algériens : suppression de visas pour les ressortissants algériens, exigences de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques algériens et expulsion d’agents consulaires algériens. Ces démarches, perçues comme une tentative de pression, contrastent avec la manière dont l’Algérie a traité la demande allemande, avec respect et sérénité, privilégiant le dialogue et la dimension humanitaire. La grâce accordée à Sansal constitue également un signal fort sur le rôle que peut jouer l’Algérie dans la diplomatie internationale lorsqu’elle agit dans le cadre de sa souveraineté et de ses valeurs constitutionnelles. Elle démontre que l’État algérien est capable de prendre des décisions équilibrées, tenant compte à la fois de la légalité nationale et des relations internationales, sans se laisser intimider par des pressions extérieures. Boualem Sansal avait été incarcéré à l’aéroport d’Alger en novembre 2024, suite à des déclarations jugées hostiles à l’Algérie. Dans une interview donnée à un média étranger en octobre 2024, il avait affirmé que «quand la France a colonisé l’Algérie, toute la partie occidentale — Tlemcen, Oran, voire Mascara — faisait partie du Maroc ». Ces propos ont été considérés comme remettant en cause l’intégrité territoriale du pays, entraînant sa mise en examen pour « atteinte à l’unité nationale » et « mise en danger de la sûreté de l’État ».
La France réagit
Cette décision présidentielle marque un moment d’exception dans l’histoire récente de l’Algérie. Elle illustre non seulement la capacité de l’État à exercer pleinement sa souveraineté, mais aussi son attachement aux principes humanitaires et aux droits fondamentaux. En accordant la grâce à Boualem Sansal, l’Algérie envoie un message clair : elle est maîtresse de ses choix, capable de concilier justice, humanité et diplomatie, tout en affirmant son rôle sur la scène internationale avec dignité et indépendance.
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a réagi hier, à l’Assemblée nationale française lors des questions au gouvernement, à la grâce présidentielle accordée à l’écrivain Boualem Sansal, détenu en Algérie depuis un an.
Devant les députés, Sébastien Lecornu a exprimé le «soulagement» du gouvernement français après l’annonce par les autorités algériennes de cette décision. Il a souhaité que l’écrivain «puisse rejoindre ses proches au plus vite» et «être soigné». Le Premier ministre français a également remercié «du fond du cœur celles et ceux qui ont contribué à cette libération », fruit selon lui, « d’une méthode faite de respect et de calme».
Assia M.
