Après plusieurs années d’attente, l’inculpé a fini par connaître le sort que lui ont réservé les magistrats de la chambre criminelle de la plus haute instance judiciaire à savoir la Cour suprême. Ces derniers ont purement et simplement rejeté les pourvois en cassation introduits par les avocats du condamné car les vices de forme discutés se sont avérés nuls et non avenus. Les magistrats de la chambre criminelle ont jugé que le président du tribunal criminel qui a statué dans l’affaire, n’a fait qu’appliquer strictement la loi. Le tribunal en question n’a commis aucune erreur dans l’application des textes de loi tout au long de l’audience. Reconnu coupable d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, un ancien superviseur à la Société nationale du transport ferroviaire (SNTF) à la gare ferroviaire d’Agha, a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle.
Le mis en cause, Dj.M.T, a été reconnu coupable d’avoir mis fin aux jours de son voisin de quartier après lui avoir asséné un coup de couteau de boucher dans le dos, sans aucun motif valable. Les faits de cette regrettable affaire qui a jeté l’émoi au sein de la population de la localité d’El Maqaria remontent au 4 juillet 2013. L’inculpé s’était alors présenté de son propre gré aux éléments de la police judiciaire de la sûreté d’El Maqaria (ex- Leveilley), pour avouer avoir assassiné son voisin de quartier en lui assénant un coup de couteau dans dos parce qu’il lui avait demandé ce jour-là de s’éloigner de son domicile et de cesser de dire des grossièretés. Aussitôt alertés, des inspecteurs de la police judiciaire, accompagnés par leurs collègues de la police scientifique se sont immédiatement rendus sur les lieux du drame où ils ont procédé à l’ouverture d’une enquête judiciaire qui s’est soldée par l’arrestation du frère du principal accusé, Dj R et la récupération du couteau qui a été utilisé dans le drame. Dj R a appelé son frère Dj M.T et lui a fait savoir que le défunt, qui travaillait en qualité de peintre, l’avait sommé de s’éloigner de son domicile.
Une fois sur les lieux et sans hésitation aucune et au lieu de calmer les esprits, Dj.M.T a fait usage du couteau qu’il cachait soigneusement dans un bout de tissu. Au cours de leur passage à la barre, les deux frères ont tenté de faire croire au président en charge du dossier qu’ils n’avaient nullement l’intention d’attenter à la vie de la victime. Appelée à la barre pour donner sa version des faits, l’épouse de la victime a clamé haut et fort : « Je ne leur pardonnerai jamais ce qu’ils ont fait. Ils m’ont tué ainsi que mes trois enfants. Je vivais décemment lorsque mon époux était vivant. A cause des mis en cause, je travaille comme femme de ménage pour nourrir mes enfants, tous en bas âge». Son représentant légal a estimé que les faits sont formels et graves et que les deux incriminés doivent être condamnés et ne devraient pas bénéficier des dispositions de circonstances atténuantes. Dans son réquisitoire, le procureur général a affirmé que chacun des deux accusés avait une tâche à accomplir dans cette triste affaire. Dj.R avait la mission de faciliter l’introduction et de couvrir son frère Dj M.T afin qu’il puisse commettre son odieux acte. Il a par ailleurs ajouté que les deux mis en cause ont pris la fuite et se sont débarrassés de l’arme blanche qui a servi au crime en la jetant du haut du tunnel d’Oued Chayeh.
Il a enfin requis la peine capitale à leur encontre, arguant que toutes les preuves légales et matérielles sont réunies. Coincés par les demandes du procureur général et les aveux de leur client, les avocats de la défense se sont contentés de solliciter l’application des articles 53 du code pénal et 592 du code de procédures pénales ayant trait aux circonstances atténuantes.
R.H.