Le coup d’État a été suivi de réactions internationales immédiates. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union africaine ont suspendu la Guinée-Bissau de leurs organes décisionnels, dénonçant une prise de pouvoir anticonstitutionnelle.
La Guinée-Bissau a entamé une transition politique après le coup d’État militaire survenu le 26 novembre 2025. Le général Horta N’Tam a été désigné président de transition pour une durée d’un an. Il a nommé Ilidio Vieira Té au poste de Premier ministre et de ministre des Finances, poste qu’il occupait déjà sous l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. La composition du nouveau gouvernement, annoncée samedi, compte 28 membres, dont 23 civils et cinq militaires, ainsi que quatre femmes.
Lors de sa première allocution, le général Horta N’Tam a exhorté son gouvernement à faire preuve de rigueur dans la gestion des affaires publiques et à adopter une politique de tolérance zéro contre la corruption et le trafic de drogue. Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre les projets en cours et de gérer les ressources publiques de manière transparente et efficace.
Le coup d’État a été suivi de réactions internationales immédiates. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union africaine ont suspendu la Guinée-Bissau de leurs organes décisionnels, dénonçant une prise de pouvoir anticonstitutionnelle. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a qualifié l’événement de « violation des principes démocratiques ».
Umaro Sissoco Embaló, brièvement détenu, a quitté le pays pour le Sénégal, puis a rejoint Brazzaville avec sa famille et ses proches collaborateurs. Son exil a suscité des réactions contrastées dans la région, certains dirigeants soulignant la nécessité de garantir sa sécurité, tandis que d’autres ont remis en question les circonstances du coup d’État et l’arrêt du processus électoral.
Une instabilité chronique depuis l’indépendance
Le contexte bissau-guinéen est marqué par une instabilité récurrente : depuis l’indépendance en 1974, le pays a connu plusieurs coups d’État et tentatives de putsch. Le président renversé, élu en 2019, visait sa réélection avant que le scrutin présidentiel et législatif du 23 novembre ne soit suspendu par l’armée. Dans le passé, la proclamation des résultats électoraux a souvent été suivie de contestations et d’interventions militaires.
La situation sécuritaire et politique du pays se double de défis économiques et sociaux. La Guinée-Bissau reste un point de transit de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe, et l’influence de réseaux criminels sur certains secteurs militaires et politiques est régulièrement soulignée par des experts. Dans la capitale Bissau, les activités économiques ont été perturbées après le putsch, avec des rues désertes et des commerces fermés, reflétant l’impact immédiat de cette transition sur la vie quotidienne.
Les forces de sécurité ont procédé à plusieurs arrestations parmi les dirigeants de l’opposition et des anciens responsables gouvernementaux, et les manifestations ont été dispersées par les autorités. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a exprimé son inquiétude concernant des détentions arbitraires et des restrictions sur les communications et les médias.
Parmi les défis à venir, le gouvernement de transition devra également restaurer la confiance des citoyens dans les institutions, assurer la continuité des services publics et préparer le terrain pour de futures élections. La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, attentive à la capacité des nouvelles autorités à gérer les tensions internes et à limiter les impacts sur la région.
Le pays devra également faire face à la question du financement des services essentiels et à l’organisation de réformes administratives pour améliorer la transparence. La stabilisation des institutions judiciaires et la coordination avec les partenaires internationaux seront des aspects clés pour soutenir la transition et garantir un retour à un cadre constitutionnel.
Le gouvernement de transition, piloté par le général Horta N’Tam, a désormais la responsabilité de stabiliser le pays, d’organiser la gestion des affaires publiques et de préparer la Guinée-Bissau à une prochaine étape politique. Les prochaines semaines seront déterminantes pour l’évolution de la situation politique, économique et sociale dans ce pays ouest-africain, toujours marqué par une instabilité chronique et des défis persistants en matière de gouvernance et de sécurité.
Synthèse A.M.
