Il est historiquement et objectivement établi que le Royaume du Maroc n’a jamais cessé de mener des actions hostiles, inamicales et malveillantes à l’encontre de notre pays et ce, depuis l’indépendance de l’Algérie.
Cette animosité, dont le caractère systématique, méthodique et prémédité est documenté, avait débuté avec la guerre d’agression ouverte de 1963, guerre fratricide déclenchée par les forces armées royales marocaines contre l’Algérie qui venait de reconquérir son indépendance nationale.
Cette guerre dans laquelle le Royaume du Maroc avait engagé des armements et des équipements lourds particulièrement meurtriers a coûté à l’Algérie 850 valeureux martyrs qui ont donné leurs vies pour la préservation de l’intégrité territoriale de la patrie dont ils avaient contribué à la libération.
Un document déclassifie par la CIA nous permet de comprendre les véritables motivations du Maroc dans la guerre des sables de 1963.
Le document éclaire d’un jour nouveau les intentions de la France concernant les zones pétrolifères sahariennes et ses stratégies post-indépendance. À travers des manœuvres diplomatiques, économiques et géopolitiques, Paris cherchait à préserver son contrôle sur cette région stratégique.
En effet. Le 23 août 1957, un document confidentiel de la CIA a été rédigé, dévoilant des éléments cruciaux sur la politique française vis-à-vis de l’Algérie, alors en pleine guerre d’indépendance.
Selon ce document, la France considérait le Sahara algérien comme un territoire d’une importance capitale, non seulement pour ses ressources pétrolières et gazières, mais aussi pour son positionnement stratégique en Afrique du Nord.
Dans cette optique, Paris envisageait de maintenir coûte que coûte sa mainmise sur la région, en la dissociant administrativement du reste de l’Algérie.
Cette politique s’est concrétisée en 1957 par la création de deux départements sahariens distincts, une initiative visant à garantir que, même en cas d’indépendance de l’Algérie, la France puisse conserver son accès aux gisements pétroliers et gaziers.
Le document révèle également que la France ne souhaitait pas construire de gazoducs ou d’oléoducs reliant le Sahara au nord de l’Algérie. Une telle infrastructure aurait facilité l’accès aux ressources pour un éventuel État algérien indépendant, ce que Paris voulait éviter à tout prix.
À la place, la France privilégiait une coopération étroite avec l’Espagne, qui, à l’époque, contrôlait le Sahara occidental.
Des discussions avancées portaient sur l’évacuation du pétrole saharien via ce territoire, permettant à Paris de contourner l’Algérie indépendante et de préserver son autonomie énergétique. Le régime franquiste espagnol, conscient de l’intérêt stratégique de cette alliance, s’était engagé à maintenir sa présence dans la région, consolidant ainsi l’influence européenne sur ces ressources précieuses.
Le rôle du Maroc et la Guerre des Sables
Le document de la CIA met également en avant une coïncidence troublante : la localisation des principales réserves pétrolières dans le sud-ouest algérien correspond aux revendications territoriales du Maroc.
Cette situation a mené à la guerre des Sables en octobre 1963, où le Maroc a tenté de s’emparer de territoires sahariens nouvellement indépendants.
Bien que le concept du « Grand Maroc » ait émergé dès 1955, avant la découverte des hydrocarbures en Algérie, l’existence de ces ressources a renforcé les ambitions marocaines. Une victoire militaire rapide aurait permis à Rabat de s’approprier ces richesses naturelles, assurant ainsi un avantage économique stratégique.
Les révélations issues de ce document offrent une nouvelle lecture des motivations françaises en Algérie. Loin d’être uniquement dictée par des considérations politiques ou idéologiques, la politique de Paris était guidée par des intérêts économiques et stratégiques majeurs.
Le Sahara algérien, avec ses immenses réserves énergétiques, représentait un enjeu crucial que la France n’était pas prête à abandonner facilement.
Ces stratégies, en grande partie méconnues du grand public, montrent à quel point les indépendances africaines ne se sont pas seulement jouées sur le terrain militaire, mais aussi dans les sphères diplomatiques et économiques.
Alors que le débat sur les relations franco-algériennes reste brûlant, ces documents déclassifiés nous rappellent que l’histoire coloniale est aussi une histoire d’intérêts stratégiques dissimulés, dont les conséquences résonnent encore aujourd’hui.
Synthèse R.C
