D’une escalade militaire entre deux ennemis historiques, le conflit dépasse désormais le cadre régional.
L’escalade militaire entre l’Etat sioniste et l’Iran semble atteindre un niveau inédit. Le conflit peut-il se transformer en un embrasement régional, voire mondial ? Le déroulé des évènements plaide malheureusement pour. Hier, au troisième jour de la guerre, l’Iran et l’entité sioniste ont intensifié leurs attaques au cours de la nuit. Mais au-delà de cette guerre bilatérale, c’est l’implication des grandes puissances qui inquiète. Même si, pour le moment, elles ne participent pas directement aux combats, leurs positions compliquent le dénouement. L’implication de ces puissances fait passer le conflit d’un affrontement direct entre deux États aux ambitions stratégiques rivales, à un affrontement entre deux blocs distincts. D’un côté, l’entité sioniste compte sur le soutien, sans réserve, de l’axe Etats-Unis, Royaume-Uni et France. De l’autre, l’Iran peut compter sur le bloc sino-russe, la Corée du Nord et le Pakistan. Détail important : tous ces pays détiennent l’arme atomique.
Le conflit s’élargi
Le président des États-Unis, Donald Trump, a exprimé son soutien total aux actions de l’entité sioniste. Il a, même, averti l’Iran que les États-Unis riposteraient à une attaque de Téhéran. «Si nous sommes attaqués de quelque manière que ce soit par l’Iran, toute la force et la puissance des forces armées américaines s’abattront sur vous à des niveaux jamais vus auparavant», a déclaré Trump dans un message publié sur son site Truth Social samedi soir. Le Royaume-Uni, pour sa part, est entré pleinement dans le jeu en apportant une aide militaire explicite à l’entité sioniste. Samedi, en début de soirée, Londres a déployé des avions de chasse dans la région.
Le Premier ministre Keir Starmer a justifié cette mobilisation par un soutien d’urgence à l’Etat sioniste face à une menace qu’il juge critique. Dans ce sens, le président français a affirmé que son pays participerait à «des opérations de protection et de défense» de l’Etat sioniste, s’il était «en situation de le faire», en cas de représailles iraniennes. Face à cet alignement occidental, Téhéran peut compter sur ses alliées à commencer par le boc sino-russe. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a réitéré l’appui total de Pékin à la «défense des droits et intérêts légitimes» de Téhéran. Le président russe, Vladimir Poutine, a fermement condamné les frappes israéliennes. Il était, même, prêt à jouer un rôle de médiateur entre les belligérants. Si pour Pékin et Moscou, la position est mesurée, ce n’est pas le cas du Pakistan qui ne laisse planer aucun doute. Si un pays intervient militairement contre Téhéran, l’armée pakistanaise rejoindra immédiatement l’Iran dans la guerre contre l’entité sioniste.
Tensions croissantes
D’une escalade militaire entre deux ennemis historiques, sur fond de soutien croissant d’alliés puissants aux deux camps, ce conflit dépasse désormais le cadre régional. C’est une lutte ouverte entre blocs idéologiques et militaires. D’un côté, nous avons la Russie, la Corée du Nord, la Chine et le Pakistan qui se rangent désormais ouvertement derrière l’Iran contre l’Etat sioniste. De l’autre, nous avons l’alliance stratégique entre l’Etat sioniste et les puissances occidentales. Si, pour le moment, l’affrontement est circonscrit entre l’entité sioniste et l’Iran, le danger est que le conflit déborde des frontières. Les appels à la retenue sont nombreux, de la tribune des Nations unies aux grandes capitales du monde, mais est-ce suffisant pour infléchir des positions irréconciliables entre deux coalitions nucléaires. La situation est en train de dégénérer en une guerre totale au Moyen-Orient, dont les dimensions sont potentiellement dévastatrices pour la région et pour le monde entier.
Saïd S.